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Discriminations et violences

Au travail

La violence, c’est tout comportement qui amène une personne à ne pas se sentir en sécurité. Elle peut être physique, psychologique, morale, sexuelle...  Menacer d'employer de la violence est déjà de la violence.

La violence au travail comprend tout acte ou comportement visant un·e travailleur·euse dans le cadre de son activité professionnelle et pouvant causer un dommage physique, psychologique et/ou moral. Elle peut se manifester sur le plan physique (bousculades, agressions, dommages matériels, collègues qui claquent des portes...) et/ou sur le plan psychologique (propagation d’une rumeur, injures, cris, sabotage du travail...). Il n’est pas nécessaire d’avoir des séquelles physiques et matérielles pour être victime de violence.

La violence peut être causée par un·e collègue, un·e supérieur·e, un·e subordonné·e, un·e client·e ou une autre personne (usager·ère, patient·e), voire par la structure en elle-même.

Une personne assise à un bureau, avec une présence menaçante se tenant derrière elle.

La discrimination

La discrimination est une forme de violence psychologique. Elle repose sur un traitement inégal en fonction de critères spécifiques, comme le genre, l'âge, l'origine, la religion, la conviction politique, l'orientation sexuelle, l'état de santé...

Une personne discriminée est traitée moins favorablement que d’autres dans une situation comparable, sans raison valable. La différence de traitement a de réelles conséquences pour la personne discriminée. Une distinction constitue une discrimination si elle n’est pas justifiée.

Par exemple, si une personne a toutes les qualifications pour être maître-nageur mais que sa candidature est écartée parce qu’elle est noire. Le refus d’une personne qui ne sait pas nager peut cependant se justifier.

La discrimination directe

C'est quand :

  • une personne reçoit un traitement moins favorable qu'une autre
  • dans une situation comparable
  • sur base d'un ou de plusieurs critères protégés par les lois antidiscriminations
  • quand il n'y a pas de justification pour cette différence de traitement.  

Les managers et les responsables des ressources humaines peuvent faire des distinctions directes entre travailleur·euses dans des situations spécifiques, si elles sont justifiées.

Par exemple :

  • une formation en manutention interdite aux femmes, personnes homosexuelles ou personnes transgenres ;
  • une dévalorisation systématique du travail d’une personne LGBTQIA+, comparé au travail de qualité équivalente fait par d’autres collègues.

La discrimination indirecte

C'est quand une règle ou une pratique apparemment neutre pourrait entraîner un désavantage particulier pour une autre personne.

Par exemple, une interdiction de porter un couvre-chef dans un milieu de travail défavorise les femmes musulmanes et les hommes sikhs qui se couvrent la tête pour des raisons religieuses.

L'injonction à discriminer  

C’est un comportement qui pousse à discriminer une personne ou un groupe. L’injonction faite par un supérieur hiérarchique sera sanctionnée plus lourdement.

Par exemple, un·e employeur·euse demande à une agence intérim de ne sélectionner que des hommes blancs de moins de 30 ans.

Le refus de mettre en place des aménagements raisonnables

Les aménagements raisonnables en faveur d'une personne avec un ou plusieurs handicaps sont des mesures adaptées qui sont prises dans une situation concrète et selon les besoins spécifiques des personnes concernées, pour permettre à une personne d’accéder, de participer et de progresser dans le milieu du travail, sauf si ces mesures imposent une charge trop lourde pour la personne qui doit les prendre.

Par exemple, une école refuse d’aménager une rampe d’accès pour les usager·ères en fauteuil roulant.

Le harcèlement moral

Le harcèlement moral est une forme de violence psychologique ou verbale. C’est un comportement ou un ensemble de comportement abusifs et non-désirés qui portent atteinte à la dignité, au bien-être ou à l'intégrité d'une personne en créant un environnement intimidant, hostile ou dégradant.

  • Le harcèlement a un caractère répétitif : il peut s'agir du même comportement abusif répété, ou de différents comportements abusifs pris dans leur ensemble.
  • L’auteur·rice ne doit pas nécessairement agir de façon intentionnelle. Il suffit que son comportement ait un impact négatif sur la personne qui le subit, même si l’auteur·rice n’a pas souhaité ces conséquences.

Par exemple :

  • des remarques déplacées sur l'apparence physique, le nom ou la situation familiale ;
  • des menaces, intimidations ou insultes de la part de collègues ou de la hiérarchie.

La loi prévoit une sanction plus lourde si l’infraction a été commise par une personne qui se trouve en position d’autorité par rapport à la victime.

La violence sexuelle

Les violences sexuelles comprennent comprend tout acte sexuel non consenti, donc imposé à la victime, qui peut être physique (atteinte à l'intégrité sexuelle, viol), verbal ou non-verbal. Il s'agit de violence sexuelle même quand la victime n’a pas exprimé clairement son refus.

Le harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel porte atteinte à la dignité d'une personne et crée un environnement intimidant, hostile, dégradant ou humiliant.

Au travail, il peut se manifester sous différentes formes : des regards insistants ou dérangeants, des remarques ou insinuations à connotation sexuelle, l’exposition de matériel à caractère pornographique, des propositions malaisantes, des attouchements physiques...

Par exemple, l'affichage d’un calendrier illustré de femmes nues et/ou en position suggestive n’est pas interdit clairement par la loi, mais peut être considéré comme du harcèlement sexuel car cela contribue à créer un environnement de travail intimidant ou hostile pour un·e ou plusieurs collègues.

Les réactions courantes des victimes

Les violences LGBTQIA+phobes ont des conséquences profondes sur la santé mentale et physique des victimes.

  • La sidération : face à un acte violent, il arrive de rester sidéré·e, figé·e. Le cerveau, incapable de traiter le danger, bloque temporairement les pensées et mouvements pour se protéger. Ne pas avoir agi sur le moment n’est donc pas une faiblesse, c’est une stratégie de survie.
  • La minimisation : il arrive aussi souvent de minimiser, taire ou rationaliser la violence subie. Ces mécanismes, souvent inconscients, aident à réduire l’angoisse et à garder une forme de contrôle. Dans un contexte où les violences LGBTQIA+phobes sont encore trop banalisées, ces réactions permettent de tenir bon.
  • L'internalisation : on peut aussi ressentir de la honte, de la culpabilité, de la colère ou de la peur. Ces émotions sont légitimes et s’expliquent par les rapports de force systémiques : les personnes hétérosexuelles et cisgenres, en position dominante, imposent des normes qui rejettent les identités et expressions LGBTQIA+. Internaliser ces normes peut provoquer du dégoût de soi et nuire à la santé.
  • L'invisibilisation : pour se protéger des violences et discriminations, on peut parfois choisir de cacher une partie de qui on est. Bien que ce comportement soit compréhensible, il présente un risque important de dépression, d’anxiété, de comportements à risque. Les personnes LGBTQIA+ ont entre 2 et 8 fois plus de risques de tentative de suicide que les personnes hétéro-cisgenres.

Dans le contexte du travail, les victimes de discriminations et violences ressentent souvent un malaise, du stress ou de l’angoisse à l’idée de se rendre au travail, ou encore une baisse de productivité ou de motivation inexpliquées. Si la situation dure, cela peut aller jusqu’à l’épuisement ou au burnout.

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Que dit la loi ?

La loi regroupe les différentes formes de violence au travail sous l’étiquette de “risques psychosociaux”.

Ils sont définis par le Service Public Fédéral en charge de l’emploi comme : “la probabilité qu’un·e ou plusieurs travailleur·euses subisse(nt) un dommage psychique, qui peut également s’accompagner d’un dommage physique suite à l’exposition à des composantes de l’organisation du travail, du contenu de travail, des conditions de travail, des conditions de vie au travail et des relations interpersonnelles au travail, sur lesquelles l’employeur·euse a un impact et qui comportent objectivement un danger.

Le bien-être et la sécurité au travail

En Belgique, il n’existe pas de code pénal du travail au sens strict. La prévention et la répression de la violence au travail se retrouvent surtout dans :

L’ensemble de ces textes ont pour objectif d’assurer la sécurité, la santé et le bien-être des travailleur·euses. Ils imposent à l’employeur·euse :  

  • des mesures de prévention des risques psychosociaux ;
  • la création d’un service de prévention interne ou externe ;
  • la désignation d’une personne de confiance ;
  • la désignation d’un·e conseiller·ère en prévention ;
  • la mise en place d’une procédure de plainte interne et externe ;
  • la protection contre les sanctions ou licenciements abusifs après une plainte ;
  • une évaluation des risques psychosociaux réalisée par l’employeur·euse ;
  • un plan d’actions pour prévenir la violence et le harcèlement.

Ton employeur·euse doit connaître la loi sur la protection des travailleur·euses. Iel peut être sanctionné·e si iel n'établit et ne respecte pas les mesures à prendre pour prévenir la violence au travail.

Toutes les procédures qui peuvent être entamées par les travailleur·euses victimes de violence doivent figurer dans le règlement de travail de l’organisation.

Les lois antidiscrimination

Les lois fédérales qui pénalisent la discrimination et les discours de haine s’appliquent également sur ton lieu de travail : 

  • La loi du 30 juillet 1981, appelée “loi antiracisme” porte sur les critères protégés dits « raciaux » tels que la nationalité, la prétendue race, la couleur de peau, l’ascendance ou encore l’origine nationale ou ethnique.
  • La loi du 10 mai 2007, appelée “loi genre” porte sur des critères protégés qui sont liés au genre tels que le sexe, la grossesse, la procréation médicalement assistée, la transition médicale et sociale, l’identité et l’expression de genre, etc.
  • La loi du 10 mai 2007, appelée “loi antidiscrimination” porte sur des critères protégés autres que les critères “raciaux” et liés au genre, tels que l’âge, l'orientation sexuelle, la conviction religieuse, le handicap, l’origine sociale, etc.

Grâce à ces lois, il est possible de punir plus sévèrement les violences motivées par la haine, comme dans le cas des discours et délits de haine.

Parmi les critères protégés par ces lois, on retrouve le sexe, la transition médicale ou sociale, l'identité de genre, l'expression de genre, les caractéristiques sexuées, l'orientation sexuelle. Ces critères ne doivent pas forcément être réellement présents chez la victime : il suffit que l’auteur·rice suppose que la victime possède un ou plusieurs de ces critères.

Par exemple, si un·e personne lance une insulte homophobe à un·e collègue, c’est un comportement discriminatoire même si le/la collègue n’est pas une personne LGBTQIA+.

Ces lois condamnent également l'incitation à la discrimination ou à la haine. Cela consiste à adopter, en public, un de ces comportements :

  • Inciter à la discrimination ou à la ségrégation à l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'une communauté ;
  • Inciter à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'une communauté.

L'adhésion à un groupe ou une association qui prône, en public et de manière manifeste et répétée, la discrimination ou la ségrégation fondée sur un ou plusieurs des critères protégés par ces lois est également punissable.

UN NOUVEAU CODE PENAL ENTRE EN VIGUEUR LE 8 AVRIL 2026.
  • Les mobiles discriminatoires sur base du sexe, de l’identité ou expression de genre, des caractéristiques sexuées, de l’orientation sexuelle sont définis comme facteur aggravant des infractions à l’article 29.
  • Les actes de discrimination y sont répertoriés aux articles 249 à 257.

La protection contre les représailles

Pour permettre aux victimes de dénoncer la violence au travail, une protection contre les représailles est possible. Le/la travailleur·euse est protégé·e même si le signalement ou la plainte n’aboutit pas à une sanction ou s’avère injustifiée.  

  • Si la violence est en lien avec un critère protégé, les lois antidiscrimination s'appliquent.
  • Si la violence n'est pas en lien avec un de ces critères, la loi du bien-être au travail s'applique.

Dans quels cas ?

  • Quand tu introduits une demande d'intervention psychosociale formelle, même si tu retires ta demande par après ;
  • Quand tu déposes une plainte au Contrôle du bien-être au travail ou à la police, si :
    • tu es victime de violences physiques ou sexuelles ;
    • tu es victime de violence psychologique ou morale et :
      • il n’y a pas de conseiller·ère en prévention aspects psychosociaux au sein de ton travail ;
      • il n’y a pas de procédure interne légale ;
      • le traitement de ta demande d’intervention formelle n’a pas mis fin à la violence ;
      • la procédure interne n’a pas été appliquée légalement.

Et après ?

La protection commence dès l'introduction de la demande d'intervention ou le dépôt de la plainte. Elle dure 12 mois après que l'employeur·euse a eu connaissance de la démarche. Pour les actions en justice, la protection s'étend jusqu'à 3 mois après le jugement définitif.

Si une mesure nocive est prise contre toi, l’employeur·euse doit prouver que :

  • cette mesure n'a aucun lien avec les faits dénoncés
  • ou que la mesure prise est proportionnée
  • ou qu’elle a pour but de mettre fin au danger psychosocial ou de le limiter.  

Par exemple, l’employeur·euse ne peut pas :

  • te licencier en représailles ;
  • modifier tes conditions de travail si cela te cause du tort ;
  • refuser de t’accorder une formation ou de fournir des références à de futur·es employeur·euses.

Une indemnité de protection est prévue si l'employeur·euse prend des mesures nocives. Le/la travailleur·euse peut demander sa réintégration dans l'entreprise ou une indemnité égale à 6 mois de salaire brut ou au dommage réellement subi.

Les sanctions

Plusieurs types de sanctions sont prévues en cas de violence au travail :

Sanctions pénales

  • Peines variant entre 6 mois et 3 ans d’emprisonnement
  • Amendes pénales de 50 à 7000 €

Sanctions administratives

  • Amendes administratives de 10 à 3500 € en l'absence de sanctions pénales

Sanctions civiles

  • Indemnisation de la victime pour les dommages réels subis
  • Indemnisation forfaitaire dont le montant dépend du domaine de la discrimination (3 à 6 mois de salaire brut)

Sanctions disciplinaires

  • L'employeur·euse peut prendre des sanctions disciplinaires contre l'auteur·rice des faits
  • Possibilité de licenciement pour motif grave, notamment pour les postes de coordination ou les personnes exerçant des responsabilités particulières

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Que faire ?

Pense à ta sécurité immédiate

Si tu te trouves dans une situation de danger immédiat :

  • Demande de l’aide autour de toi
  • Réfugie-toi dans un endroit sûr (toilettes ou espace de repos qui peut être fermé à clé, bureau d'un·e collègue, espace public fréquenté, ...)
  • Appelle le 112 : urgence générale (pompiers, ambulance). Numéro unique pour toute l’Europe
  • Appelle le 101 : aide urgente de la police locale

Garde des preuves

Rassemble un maximum d’informations concernant ce qu’il s’est passé. Plus les informations sont exactes mieux c’est. Le plus rapidement possible après les faits, prends note des informations suivantes :  

  • Date et lieu
  • Faits : que s’est-il passé exactement ?
  • Propos : qu'est-ce qui a été dit exactement ?
  • Identité ou description de l’auteur·rice
  • Noms et coordonnées de témoins éventuels

Se rappeler la violence qu’on a vécu est difficile et les émotions qui te traversent sont légitimes, mais c’est nécessaire si tu souhaites agir contre l’auteur·rice de violence.

Tente également de rassembler des preuves des conséquences des faits. Par exemple, comment la situation impacte tes relations avec les collègues et/ou la hiérarchie, un changement dans tes tâches quotidiennes, une incapacité de travail, un risque de licenciement, etc.  

  • Emails, messages, communications écrites ;
  • Documents professionnels ;
  • Enregistrements de conversations auxquelles la victime participe, enregistrements vidéo et/ou photos soumis aux normes de protection de la vie privée ;
  • Preuves médicales (évaluation psy, certificat, imagerie médicale...) ;
  • Éventuellement, photos des blessures, contusions, ou de dégâts matériels causé·es par l’auteur·rice.

Préviens quelqu’un·e au travail

Ton employeur·euse est légalement obligé·e de créer des mesures de prévention adaptées pour prévenir et limiter les dommages au travail. Toutes ces mesures et procédures doivent être décrites dans le règlement de travail.

Si tu n’as pas de règlement de travail, fais appel au Contrôle du bien-être au travail.

Tu peux commencer par prévenir :

  • l’employeur·euse ;
  • les autres travailleur·euses ;
  • un membre de la hiérarchie ;
  • un responsable des ressources humaines ;
  • un membre du comité pour la prévention et la protection au travail (conseiller·ère en prévention interne sécurité, personne de confiance, conseiller·ère en prévention des risques psychosociaux) ;
  • un délégué syndical.

Tu peux aussi demander une consultation au médecin du travail si tu penses qu’il y a un lien direct entre ton travail et la dégradation de ta santé. Ton employeur·euse sera averti·e, sauf si tu dis clairement que tu n'es pas d'accord.

L'intervention psychosociale informelle

Pour faire une demande d'intervention psychosociale informelle, contacte une des personnes chargées du bien-être au travail :

  • la personne de confiance
  • ou le/la conseiller·ère en prévention aspects psychosociaux interne ou externe.

L’identité et les coordonnées de ces personnes doivent se trouver dans le règlement de travail. Tu peux aller leur parler directement, mais tu peux aussi les contacter par téléphone, email ou courrier.

L’employeur·euse sera mis·e au courant uniquement si tu en fais la demande ou si son intervention est nécessaire pour trouver une solution. Sinon, ton employeur·euse ne doit pas être averti·e.

La personne tente de trouver une solution avec toi :

  • Entretiens : elle t'écoute sans jugement et te conseille sur les pistes de solutions ;
  • Interventions : elle intervient auprès d’autres personnes, avec ton accord. Elle peut par exemple demander que des mesures soient prises au niveau de l’organisation ou des conditions de vie au travail ;
  • Conciliation : elle instaure un lieu de parole entre toi et l’autre personne pour chercher un terrain d’entente. Elle joue ici le rôle de médiateur·rice. Il n’y pas d’obligation de rencontre : la conciliation peut se faire par entretiens individuels séparés.

La demande d’intervention psychosociale informelle prend fin quand une solution positive a été trouvée. Si ce n’est pas le cas, tu peux faire une demande formelle.

L'intervention psychosociale formelle

Pour faire une demande d'intervention psychosociale formelle, contacte le/la conseiller·ère en prévention aspects psychosociaux par écrit. Ses coordonnées se trouvent dans ton règlement de travail.

  • Si ta demande est individuelle, elle est analysée par le/la conseiller·ère en prévention. Le/la conseiller·ère en prévention met l’employeur·euse au courant par écrit qu’une demande a été faite et lui transmet aussi ton identité.
  • Si ta demande est principalement collective, elle est traitée directement par l’employeur·euse.

Il faut que ta demande contienne ces éléments :

  • une description précise des faits de violence ou de harcèlement moral ou sexuel au travail ;
  • la description du lien entre les faits et un (ou plusieurs) des critères protégés (voir Que dit la loi) contre la discrimination ;
  • le moment et l’endroit où chacun des faits se sont déroulés ;
  • l’identité de la personne mise en cause ;
  • la demande à l’employeur·euse de prendre des mesures adaptées pour mettre fin aux faits.

Procédure

Dans les 10 jours qui suivent ta demande, tu passes un entretien obligatoire avec le/la conseiller·ère en prévention. Iel t’informe du déroulement de la procédure, des conséquences liées à ta demande et de la protection contre les représailles. Tu dois recevoir une copie du PV de l'entretien.

Le/la conseiller·ère en prévention :  

  • communique à l'auteur·rice de violence les faits qui lui sont reprochés le plus rapidement possible ;
  • a des entretiens avec les personnes utiles (témoins ou autres) et examine la demande en restant neutre.

Le/la conseiller·ère en prévention rédige un avis pour informer l’employeur·euse de la situation et des mesures à mettre en place. Cet avis a la valeur d'un avis d’expert·e. Si les faits sont graves, iel doit proposer des mesures de protection de la/du travailleur·euse.  

Tu peux demander une copie de l’avis du/de la conseiller·ère en prévention si tu as l’intention d’agir en justice.

Et après ?

L’employeur·euse n’est pas obligé·e de prendre les mesures proposées par le/la conseiller·ère en prévention. Mais, puisqu’iel est responsable du bien-être des travailleur·euses, iel est légalement obligé·e de prendre des mesures pour mettre fin au problème du/de la travailleur·euse.

Le/la conseiller·ère en prévention est obligé·e de faire appel au Contrôle du bien-être au travail si le problème n’est pas résolu et que :

  • il existe un danger grave et immédiat pour la santé de le/la travailleur·euse (par exemple, un risque certain de dépression) si aucune mesure n’est prise ;
  • la personne mise en cause est l’employeur·euse ou fait partie du personnel de direction.

Le Contrôle du bien-être au travail

Tu peux déposer une plainte au Contrôle du bien-être au travail après avoir essayé de régler la situation avec le/la conseiller·ère en prévention, mais tu peux aussi t’adresser directement à ce service :

  • s’il n’y a pas de conseiller·ère en prévention aspects psychosociaux sur ton lieu de travail ;
  • si tu as essayé de trouver ses coordonnées (par exemple dans le règlement de travail) sans succès ;
  • si les procédures de prévention internes au lieu de travail n’existent pas ou ne sont pas en règle (par exemple, si l’employeur·euse s’est désigné·e conseiller·ère en prévention).

La plainte peut être faite de manière anonyme : la plainte et l’identité du/de la travailleur·euse ne sont pas communiquées à l’employeur·euse.

Le Contrôle du bien-être au travail peut :

  • fournir des conseils,
  • donner des avertissements,
  • ou obliger l’employeur·euse à prendre des mesures.

Si la situation ne s’améliore pas après l’intervention du Contrôle du bien-être au travail, il peut faire appel à l’auditorat du travail, qui est lié au tribunal du travail.

La médiation sociale

La médiation sociale est une alternative à une procédure juridique classique.

  • Le/la médiateur·ice agréé·e agit comme une troisième partie neutre entre les personnes impliquées dans un conflit.
  • Son rôle est d’aider les parties à rétablir un dialogue afin d'entendre l'ensemble des vécus autour de la situation de conflit et de comprendre les positions, contraintes et réalités de l’autre.
  • L’objectif est d’arriver à une solution commune et acceptable pour toustes.

Cette démarche est surtout adaptée dans des situations où on manque de preuves, ou quand elles sont considérés comme pas assez solides pour qu’un·e juge tranche en faveur d’une personne.

La médiation est souvent prise en charge par l'employeur·euse car elle est moins coûteuse qu’une procédure juridique classique.

Trouve un·e médiateur·ice agréé·e dans ta région.

Fais appel à ton syndicat

Si tu es affilié·e à un syndicat, tu peux contacter le secrétariat le plus proche pour rencontrer un·e conseiller·ère afin d'obtenir des information sur la violence au travail ou une aide juridique.

Les trois plus gros syndicats (la CSC, la FGTB et la CGSLB) ont signé un accord de coopération avec Unia concernant la prévention de la discrimination. Les syndicats assurent le suivi de cas individuels et peuvent demander des conseils et du soutien à Unia.

Introduis un signalement

Si tu ne souhaites pas déposer une plainte à la police, tu peux introduire un signalement aux organismes de lutte contre la discrimination. Un signalement ne remplace pas une procédure judiciaire.

Ces organisations peuvent t’offrir une écoute, du soutien et des conseils sur les démarches que tu peux entreprendre, de façon gratuite et confidentielle. Dans certains cas, ils peuvent agir en tant que médiateur entre toi et la partie adverse. Parfois, si les faits de discrimination sont très graves et des preuves sont collectées, une action en justice peut être menée.  

Les signalements permettent aux organisations de rassembler des données importantes sur la situation belge et de formuler des recommandations pour renforcer les politiques antidiscrimination. En rendant les cas de violences LGBTQIA+phobes visibles, tu fais la différence.

Violence basée sur le genre/le sexe

Pour toute discrimination, discours de haine ou délit de haine concernant le sexe, le genre, la transition de genre, l’identité ou l’expression de genre, ainsi que les caractéristiques sexuées, contacte l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes (IEFH). Tu peux faire un signalement anonyme ou en ton nom, ce qui facilite le suivi de ton dossier. Ton identité ne sera pas révélée à la personne ou à l'organisation concernée sans ton accord.

Formulaire de signalement

Si tu n'arrives pas à remplir le formulaire, appelle le 0800 12 800 les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 12h, et le mercredi de 13h à 16h.

Violence basée sur l’orientation sexuelle

Pour toute discrimination, discours de haine ou délit de haine concernant l’orientation sexuelle ou romantique, mais aussi de nombreux autres critères protégés, contacte Unia.

  • Les faits doivent dater de moins d’un an.
  • Ton signalement ne peut pas être anonyme.

Formulaire de signalement

Si tu n'arrives pas à remplir le formulaire, appelle le 0800 12 800 du lundi au vendredi entre 9h30 et 13h.

BRUXELLES : LET'S REPORT LGBTQIA+PHOBIA

Le projet Let’s Report LGBTQIA+phobia de la Rainbow House Brussels rassemble les signalements des victimes d'actes LGBTQIA+phobes à Bruxelles pour faire remonter ces chiffres aux autorités publiques. Les signalements concernent tout acte LGBTQIA+phobe (agression verbale ou physique, harcèlement), qui a eu lieu sur le territoire bruxellois.

Le signalement est anonyme, confidentiel et sécurisé, et peut être fait en parallèle d’un signalement auprès d’Unia ou de l’IEFH.

Envoie un mail à fiche@rainbowhouse.be ou envoie un SMS, message Whatsapp ou laisse un message vocal au 0492 40 84 84. On te recontactera dans les trois jours pour convenir d’un rendez-vous.

Tu as été victime d’un acte LGBTQIA+phobe sur le territoire wallon ? Signale-le à Unia ou l’IEFH, ou contacte une Maison Arc-en-Ciel pour qu’elle t’accompagne dans tes démarches.

Porte plainte à la police

Pour les faits très graves et si tu souhaites que l’auteur·rice de violence soit poursuivi·e en justice, il faut porter plainte à la police. Tu n'es pas obligé·e de passer par d’autres procédures avant celles-ci, ni d’en informer ton employeur·euse.  

Il vaut mieux porter plainte le plus rapidement possible, car certaines preuves peuvent disparaître rapidement (par exemple, des enregistrements de caméra de surveillance).

Rends-toi directement au poste de police de ton choix, ou prends rendez-vous.

  • Prends avec toi tes documents d’identité. On ne peut pas porter plainte à la police de manière anonyme.
  • N'oublie pas les preuves que tu as rassemblées.
  • Toutes les zones de police ont une personne référente pour les discriminations et délits de haine, à qui tu peux demander à parler.
  • La police ne peut pas refuser d’acter ta plainte.
  • La police doit enregistrer explicitement les cas de violence LGBTQIA+phobe dans le procès-verbal. Parfois l’agent·e ne sait pas qu’iel doit le faire, n’hésite donc pas à le demander clairement.
  • Demande à signer une “déclaration de personne lésée” pour être informé·e de la suite de la procédure.
  • Tu recevras une “attestation de dépôt de plainte”, qui contient des informations utiles pour la suite de la procédure. Tu peux aussi demander une copie de ton procès-verbal. La police ne remet en principe qu’une seule copie.
  • Tu peux faire modifier le procès-verbal à tout moment, même si celui-ci est déjà établi, si tu te souviens d’autres détails importants par la suite.

Être accompagné·e

Tu peux être accompagné·e au moment du dépôt de plainte, par un·e proche, une personne de confiance ou un·e professionnel·le formé·e, par exemple les travailleur·euses des Maisons Arc-en-Ciel. Des services d’assistance aux victimes peuvent aussi t’accompagner :  

Les Services d’Assistance Policière aux Victimes (SAPV)

Ces services, rattachés à la police, peuvent intervenir avant ou après le dépôt de plainte. Ils apportent un premier soutien rapide : écoute et espace de parole sécurisé, informations sur les démarches qui suivent et les services d'aide.

Les services d’aide aux victimes

Ces services sont indépendants de la police et de la justice, gratuits et confidentiels. Ils proposent un suivi personnalisé aux victimes et à leurs proches : aide psychologique et/ou sociale, orientation et soutien dans les démarches (police, institutions judiciaires, assurances, médecin, etc). Tu peux y faire appel à tout moment, que tu aies déposé plainte ou non.

DÉPOSER PLAINTE POUR UN TRAITEMENT DISCRIMINATOIRE DE LA PART D’UN·E AGENT·E DE POLICE

Si, durant ton dépôt de plainte, tu estimes avoir été victime de discrimination de la part de la police, tu peux porter plainte :  

  • auprès du/de la chef·fe de la police ou du “responsable du contrôle interne” du service de police concerné ;
  • à l'Inspection Générale de la Police (AIG) ;
  • au Comité P, l’organe de contrôle externe des services de police.  

L’inspection générale de la police (AIG)

L’inspection générale de la police est un organe de contrôle indépendant qui cherche à améliorer le fonctionnement des services de police. Elle reçoit les plaintes concernant les agent·es ou les services de la police fédérale ou de la police locale. Selon la nature de la plainte, elle l’examine elle-même ou la transmet à la direction du/de l’agent·e ou du service de police concerné.

Le Comité P

Le Comité P examine toutes les plaintes qui montrent un problème dans l’organisation ou la structure policière, un problème individuel, une négligence ou une erreur grave. Le comité P transmet les plaintes qui concernent les fautes ou problèmes individuels aux services de contrôle interne de la police concernée et vérifie qu’elles sont traitées correctement. Le comité P ne punit pas la police. Il rédige des rapports au Parlement pour informer sur son fonctionnement.

Tu recevras d’office une réponse écrite à ta plainte. Tu peux demander au Comité P de ne pas communiquer tes coordonnées, mais cela peut rendre l’enquête limitée voire impossible.

Introduis une procédure en justice

Si les problèmes que tu rencontres au travail sont graves ou si la ou les tentatives de résolution échouent, tu peux intenter une procédure en justice. Il existe différentes voies :

  • S'il y a un litige en matière de droit du travail, d'accident de travail ou des maladie professionnelle, le tribunal du travail est compétent.
  • S'il y a infraction au code pénal, le tribunal correctionnel est compétent. Porte plainte à la police ou auprès de  l'auditorat du travail pour commencer la procédure.

Attention : agir en justice contre son employeur·euse ou un·e autre travailleur·euse peut créer un climat de travail hostile et prend beaucoup d’énergie sur le plan physique et financier.

Procédure civile : tribunal du travail

La procédure civile concerne principalement des cas de licenciement abusif ou de conflit avec l’employeur·euse. Le/la travailleur·euse peut demander que le tribunal ordonne à l'auteur·rice de cesser tout acte de violence ou qu'il le/la condamne à lui payer des dommages et intérêts.

Attention : quand tu introduis directement une action en justice auprès du tribunal du travail sans être passé·e par la procédure interne à ton lieu de travail prévue dans le règlement (si elle existe et est légale), le/la juge risque de t’ordonner de tenter cette procédure en premier lieu.

Exemples de procédure civiles :

  • L’employeur·euse n’a pas pris les mesures de prévention nécessaires contre la violence au travail (responsabilité civile)
  • Le/la travailleur·euse a subi un dommage moral ou matériel (stress, anxiété, perte d’emploi...)
  • Le/la travailleur·euse s’est fait·e licencier à la suite d’une plainte pour harcèlement
  • Le/la travailleur·euse a reçu une sanction suite à un signalement de violences au travail

Procédure pénale : tribunal correctionnel

La procédure pénale traite les faits de violences au travail considérés comme des infractions au code pénal.

Exemples de plaintes pénales :  

  • Violence physique
  • Menaces graves (menaces de mort, de violences physiques)
  • Harcèlement moral et/ou sexuel
  • Discrimination intentionnelle fondée sur l’orientation sexuelle, le genre, l’origine...

Être accompagné·e  

La procédure judiciaire peut être longue et difficile. Tu peux recevoir du soutien pendant celle-ci.

Les services d’accueil des victimes

Les services d’accueil des victimes dépendent des Maisons de justice. Ils peuvent t'informer sur tes droits et le déroulement d’une procédure judiciaire, servir d’intermédiaire entre le/la magistrat·e responsable de l’enquête et toi et apporter un soutien et un accompagnement dans les démarches. Ces services peuvent t’accompagner du dépôt de plainte jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.

L’aide juridique de première ligne

Ce service permet aux victimes d’obtenir gratuitement des renseignements pratiques, des informations juridiques ou un premier avis juridique de la part d’avocat·es. Des permanences sont organisées dans les Bureaux d’Aide Juridiques de chaque barreau.

Trouve les coordonnées du bureau d’aide juridique le plus proche en cliquant sur le barreau de ta région.

L’aide juridique de deuxième ligne (gratuite ou à moindre frais) est accessible aux personnes à faibles revenus.

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Obtenir du soutien

‍Associations LGBTQIA+

Les espaces communautaires sont une ressource importante pour faire face aux violences : ils permettent de rompre l’isolement, de partager des expériences communes, d’accéder à des informations fiables et de bénéficier d’un réseau de personnes solidaires.

Wallonie

  • Les Maisons Arc-en-Cielsont des espaces de soutien psycho-social et de sociabilisation pour les personnes LGBTQIA+. Elles sont les relais locaux pour toute personne LGBTQIA+ à la recherche d’un lieu convivial et bienveillant, d’activités entre pairs et d’informations.

Bruxelles

Wallonie et Bruxelles

  • Pixiels, la fédération des jeunes LGBTQIA+, est composée de six pôles locaux qui mettent en place des espaces safer où les jeunes queer peuvent sociabiliser, s’informer et vivre pleinement leur identité.
  • Genres Pluriels est une association d’accueil et de soutien pour les personnes transgenres et intersexuées. Iels organisent des permanences et des groupes de parole chaque mois.
  • Ex Aequo est une association qui s’adresse aux communautés gays et HSH. Iels organisent des dépistages d’IST, des accompagnements en matière de chemsex, des groupes de paroles autour du VIH...

Services d’aide et d’écoute

Wallonie et Bruxelles

  • Les Services d’aide aux victimes offrent gratuitement un accompagnement psychologique aux personnes victimes de violences.
  • Télé-Accueil offre une écoute gratuite, anonyme, pour toute personne qui en ressent le besoin. Par téléphone au 107 (24h/24) ou via le chat (entre 13h et 3h du matin – en collaboration avec le site français SOS amitié).
  • Les Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) offrent des soins médicaux, psychologiques et légaux aux victimes de violences sexuelles.
  • Brise le silence apporte une aide psychologique ou un accompagnement psycho-médico-social ou juridique aux victimes de violences sexuelles. Par téléphone au 0488 800 626 du lundi au vendredi de 9h à 12h30 ou par formulaire de contact.
  • SOS Viol apporte aux victimes et à leurs proches des points de repère pour les aider et les orienter. Par téléphone au 0800 98 100 du lundi au vendredi de 8h à 18h, par email (info@sosviol.be) ou chat les lundi et vendredi de 17h à 21h et le mercredi de 14h à 18h.

Bruxelles

  • Le site stop-violence.brussels propose une carte interactive des services compétents en matière de violence. Un filtre “LGBTQI+” dans “Situations spécifiques” permet de trouver les services formés aux spécificités des personnes LGBTQIA+.

Tu n'as pas trouvé le soutien que tu cherchais ? Contacte-nous.

Besoin d'un médecin ou psy LGBTQIA+friendly ?

Wallonie et Bruxelles

Bruxelles

  • La Maison Arc-en-Ciel de Santé est une maison médicale et un centre de santé à destination des publics LGBTQIA+. Consultations du lundi au jeudi de 9h à 18h à la rue des Grands Carmes 20, 1000 Bruxelles. Par téléphone au 02 372 01 22 du lundi au vendredi de 8h à 18h ou par mail sur info@macs.brussels.

Comment en parler à ses proches

Pourquoi est-ce si difficile d’en parler ?

On peut parfois se retrouver isolé·e après avoir subi de la violence. Le choc émotionnel peut provoquer un repli sur soi, par peur d’être jugé·e, pas cru·e, blâmé·e...  La honte de soi ou d’avoir vécu de la violence, la peur d’en subir davantage, peuvent t’empêcher d’en parler et de chercher du soutien.

C’est normal de ressentir de la colère, de la peur, de la tristesse ou un sentiment d’injustice. Ces émotions sont des signaux : apprendre à les identifier, à les nommer est une première étape pour prendre soin de soi. Parler des violences qu’on a vécues permet de guérir, de retrouver espoir et de s’armer davantage dans le cas où cela se reproduirait. Mais si tu ne souhaites pas en parler, personne ne peut te forcer. Tu n’es pas obligé·e de tout dire, ni à tout le monde, ni tout de suite, ni tout court.

Quelques conseils

  • Il vaut mieux s’adresser à des proches ou professionnel·les qui comprennent les identités LGBTQIA+ et peuvent offrir un soutien adapté, comme par exemple une personne de confiance ou un·e proche qui t’a déjà écouté·e ou soutenu·e par le passé.
  • Choisis un endroit calme où la discussion ne sera pas dérangée et où tu te sens en sécurité.
  • Si tu n’es pas sûr·e d’arriver à t’exprimer, tu peux d'abord écrire ce que tu souhaites dire. Si, le moment venu, tu n’arrives pas à passer par la parole, tu peux donner ton texte à lire à la personne.
  • Réfléchis à l’avance aux attentes que tu places sur cette conversation. Souhaites-tu simplement te confier ? Veux-tu demander des conseils, de l’aide ? Lors de la conversation, sois clair sur tes attentes vis à vis de la personne à qui tu parles.
  • Tu peux commencer la conversation par des phrases comme : “J’ai besoin de te parler de quelque chose de difficile, c’est important pour moi et j’ai besoin que tu me croies.”
  • Si tu souhaites que la conversation reste confidentielle, dis-le clairement à la personne. Sois conscient·e que si ton histoire est très difficile, la personne à qui tu te confies aura peut-être besoin d’en parler à quelqu’un d’autre.
  • Prends le temps de dire ce que tu veux dire et utilise les mots qui collent à ton ressenti, même si ce ne sont pas les mots exacts pour décrire la situation.

Et après ?

On hésite parfois à parler à nos proches car on pense qu’on va les déranger ou les faire souffrir. Mais parler de nos expériences peut avoir des conséquences positives, comme :  

  • le partage d’une charge émotionnelle, d’un poids ;
  • la possibilité pour nos proches de mieux comprendre notre état et nos besoins ;
  • les personnes de notre entourage peuvent nous aider et nous montrer leur soutien.

Par contre, sois conscient·e que certaines personnes seront incapables de t'écouter, que ce soit par peur, par ignorance ou par rejet. Quelles que soient leurs raisons, elles ne remettent pas en question ton droit de t'exprimer. N'affronte pas ce genre de situations seul·e : d’autres personnes, d’autres espaces (associatifs, groupes de soutien, professionnel·les LGBTQIA+friendly) peuvent être plus soutenant·es.

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Témoin

Pourquoi on a tendance à ne pas agir

Les témoins de violences LGBTQIA+phobes jouent un rôle important dans la lutte contre les discriminations, mais iels n'interviennent souvent pas directement. Quelques raisons :

  • Le manque de connaissances : beaucoup de témoins ne savent pas reconnaître les situations de violence car iels ne sont pas suffisamment renseigné·es sur le sujet. Souvent, iels ne savent pas si une intervention est nécessaire ou non.
  • La banalisation des violences : certain·es minimisent l'importance des actes LGBTQIA+phobes, par exemple en se disant “Ce n’est pas méchant”, “Ce n’est qu’une blague”, etc
  • La peur des conséquences : les témoins peuvent craindre pour leur propre sécurité ou redouter des répercussions sociales ou professionnelles.
  • Le manque de confiance : certains témoins doutent de leur capacité à intervenir efficacement.
  • L’état de choc ou la surprise : les témoins, tout comme les victimes, peuvent être surpris·es voire en état de choc face à une situation de violence, ce qui les empêche de réagir de manière adaptée.
  • L’effet témoin : si d’autres personnes sont également témoins de la situation, cela aura un effet de « dilution » de la responsabilité. Les témoins peuvent avoir tendance à se dire que quelqu’un·e d’autre réagira forcément, ce qui conduit à l’inaction de tout le monde.

Soutien immédiat

Manifeste ton soutien à la victime en montrant que le comportement de l’auteur·rice de violence n’est pas toléré. Réagir dès le début peut stopper la violence. De plus, réagir en tant que témoin renforce les victimes : elles se sentent moins isolées et plus légitimes dans leurs démarches futures.

Si tu t’en sens capable, tu peux agir directement : ne pas banaliser les discours de haine et le harcèlement est très important. En signalant publiquement à la personne que tu désapprouves son comportement, tu repousses les limites de ce qui est considéré comme acceptable.

Tu peux intervenir de différentes façons :

  • Lancer un regard critique à l’auteur·rice de violence ;
  • Interrompre ou distraire la personne ;
  • Ne pas rire à une blague LGBTQIA+phobe ;
  • Exposer clairement ton malaise aux autres personnes présentes.  

En réagissant de cette façon, tu vas peut-être te rendre compte que tu n’es pas seul·e à avoir trouvé la situation injuste ou problématique.

Attention : s’il y a un risque de danger immédiat, la priorité est d’assurer la sécurité de la victime (et la tienne), si nécessaire en se mettant à l’écart de l’auteur·rice.

Tu ne peux pas agir immédiatement ?

Il y a d’autres façons de réagir après les faits :

  • Aller exprimer ton soutien à la victime ;
  • Prendre le temps de parler à l’auteur·rice pour tenter de lui faire comprendre que son comportement ou son discours n’était pas acceptable ;
  • Être attentif·ve aux actions futures de l’auteur·rice et, si besoin, prendre note des faits.

Il est important de ne pas laisser la situation s’envenimer. Tu as toi aussi une responsabilité dans le maintien d’un cadre de travail digne et où toustes se sentent en sécurité.

Tu occupes un poste de management ou de ressources humaines ?

Tu as un rôle à jouer dans la prévention des violences. Tu peux mettre en place ces actions :

  • Être attentif·ve aux changements de comportement des collègues ;
  • Vérifier si les tâches et les opportunités sont équitablement réparties ;
  • Observer si certains groupes sont systématiquement désavantagés dans l'entreprise ;
  • Vérifier si une procédure interne de signalement et de traitement des plaintes pour violence, harcèlement et discrimination existe et si un cadre pour accueillir et écouter les personnes concernées par la violence est mis en place ;
  • Tenir un registre des incidents et/ou un registre de “faits de tiers” (un document spécifique pour les cas où le harcèlement vient d’un·e prestataire externe au lieu de travail).

Documenter l’incident

Sois attentif·ve au déroulement précis des faits. Le plus rapidement possible, note ces informations :

  • date et lieu
  • mots et gestes utilisés
  • identité ou description de l’auteur·rice

Avec le consentement de la victime, collecte des preuves :

  • emails et messages
  • documents professionnels
  • photos, vidéos, captures d'écran...

Signaler les faits

  1. Renseigne-toi sur les procédures existantes sur ton lieu de travail pour prévenir la discrimination et les violences. Toutes les procédures et les contacts des personnes en charge du bien-être au travail doivent se trouver dans le règlement de travail. Si ce n’est pas le cas, tu peux encourager la victime à faire appel au Contrôle du bien-être au travail.
  2. Tu peux parler de la situation à un·e représentant·e du personnel, au service des ressources humaines, à une personne de confiance ou au/à la conseiller·ère en prévention pour obtenir de l'aide et des conseils.  
  3. Tu peux encourager la victime à faire une demande d’intervention psychosociale informelle ou formelle. Si tu acceptes de témoigner dans le cadre de l’examen mené par le/la conseiller·ère en prévention, sache que tu peux refuser que ton identité soit communiquée à l’employeur·euse. Tu bénéficies aussi d’une protection légale contre les représailles (licenciement, modifications des conditions de travail...).
  4. Tu peux encourager la victime à faire appel à son syndicat.
  5. Tu peux proposer à la victime de l’aider à faire un signalement à Unia (violence basée sur l'orientation sexuelle) ou l'IEFH (violence basée sur le genre/le sexe).
  6. Si les faits sont graves, tu peux proposer à la victime de l’accompagner à la police pour qu’elle dépose plainte.

En tant que témoin, tu peux aussi porter plainte à la police ou introduire un signalement en ton nom. Tu peux aussi faire appel à des Services d’Aide aux Victimes si tu as besoin d'être accompagné·e.

Orienter vers des ressources

Les violences et discriminations LGBTQIA+phobes amènent souvent les victimes à se replier sur elles-mêmes.

Tu peux prévenir cela en orientant la victime vers des services de soutien et des associations LGBTQIA+ dans sa région : Obtenir du soutien

Se former

Le manque de connaissances est une des causes principales de la non-intervention des témoins. Chercher à s’informer, à écouter activement et à comprendre les réalités LGBTQIA+ permet de mieux accompagner la victime.

Si tu as des personnes LGBTQIA+ dans ton entourage, cela peut être intéressant de s’informer sur leur vécu, tout en veillant à rester bienveillant·e.

Pour se former

Pour s’informer

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Professionnel·le

Se former / s'informer

Il n’est pas nécessaire d’attendre de rencontrer des publics LGBTQIA+ pour s’informer sur les enjeux spécifiques liés à ces communautés. Sans pour autant devenir expert·e, une base de connaissances et de bonnes pratiques consolideront la confiance que t’octroie la personne que tu reçois.  

Pour offrir un accompagnement compétent et adapté, les travailleur·euses du secteur psycho-médico-social peuvent et doivent être proactif·ves dans leur (in)formation sur les questions de genre de façon générale.  

Pour se former

Pour s’informer

Instaurer un espace sécurisant et inclusif

Quand on accompagne des personnes LGBTQIA+ qui subissent des violences en raison de qui elles sont, il est d’autant plus important de respecter les identités et les expériences de ces personnes.

Bonnes pratiques

L’environnement dans lequel tu reçois une personne LGBTQIA+ est très important.

Avant un rendez-vous, tu peux mettre en place ces éléments :

  • afficher un soutien aux personnes LGBTQIA+ dans les espaces d’accueil ou les salles d’attente via des affiches, des flyers ou des brochures ;
  • inclure des options non-genrées et opter pour une écriture inclusive dans les formulaires (prise de rendez-vous, etc) ;
  • afficher une charte de fonctionnement interne à la structure qui sanctionne tout acte de discrimination, etc.

Pendant le rendez-vous :

  • mentionne ton pronom de manière systématique quand tu te présentes. Cela invite l’autre personne à faire de même si elle a envie ;
  • utilise un langage dit « neutre » ou épicène (par exemple, « votre partenaire » plutôt que « votre compagne ou compagnon ») afin de s'éloigner de la cishétéronormativité, une norme sociale qui nous fait considérer que toute personne est cisgenre et hétérosexuelle de prime abord.  

Ressources

  • Epicentre : le Guide de santé inclusive couvre les enjeux importants de l’accueil des publics LGBTQIA+ dans le secteur psycho-médico-social
  • Infor-Femmes : En·quête d'inclusivité, témoignages et questionnements autour de l’accueil des publics LGBTQIA+
  • Université du Québec (UQAM) : fiche synthèse pour une posture professionnelle adaptée auprès des publics LGBTQIA+ vivant de la violence

Accueillir une victime

En tant que professionnel·le de première ligne, tu es parfois le premier maillon de la chaîne dans le parcours d’aide que la victime sollicite. Accueillir le récit d’une victime n’est pas anodin : cela requiert une écoute active et de l'empathie. Les mots employés sont importants.

Pour que la personne se sente respectée et prise au sérieux, il est important de :

  • Croire : reconnais la violence subie et la souffrance de la personne, ne remets pas en cause la perception que la victime a de la situation.
  • Ne pas minimiser ou nier la situation : rappelle à la personne qu’elle n’est pas responsable de ce qui lui arrive, remercie-la pour sa confiance et valorise sa demande de soutien.
  • Ne pas brusquer : laisse à la personne le temps de s’exprimer, respecte son rythme et n’intervient pas trop vite dans le dialogue. Tu risques de projeter tes propres interprétations sur la situation.
  • Ne pas juger les choix ou le comportement de la personne. Les récits de personnes traumatisées peuvent être confus ou contradictoires.

Ces éléments permettent d’éviter le phénomène de victimisation secondaire : c'est quand une personne qui a déjà subi de la violence endure une souffrance supplémentaire, causée par la manière dont elle est accueillie ou considérée par son entourage, des professionnel·les ou des instances juridiques.

Ressources

Informer sur les recours possibles

Rassembler des preuves

Si la victime souhaite agir face à la situation de violence, elle aura besoin de preuves. Tu peux vérifier avec elle qu'elle a rassemblé les éléments suivants :

  • un compte-rendu écrit du déroulement des faits comprenant :
    • la date et le lieu
    • les mots et gestes utilisés
    • l'identité ou description de l'auteur·rice
  • les noms et coordonnées de témoins
  • des emails ou messages
  • des documents professionnels
  • des photos, vidéos, captures d'écran...
  • des preuves médicales (évaluation psy, certificat, imagerie médicale)

Recours possibles

Il existe de nombreuses voies pour faire face aux violences dans le cadre du travail. Tu peux encourager la victime à :

  1. Se renseigner sur les procédures existantes sur son lieu de travail pour prévenir la discrimination et les violences. Toutes les procédures et les contacts des personnes en charge du bien-être au travail doivent se trouver dans le règlement de travail. Si ce n’est pas le cas, tu peux encourager la victime à faire appel au Contrôle du bien-être au travail.
  2. Faire une demande d’intervention psychosociale informelle ou formelle.
  3. Faire appel à son syndicat pour obtenir une assistance juridique.
  4. Introduire un signalement à Unia (violence basée sur l'orientation sexuelle) ou l'IEFH (violence basée sur le genre/le sexe).
  5. Faire un dépôt de plainte à la police si les faits sont graves.

Prévenir le repli sur soi

Les violences et discriminations LGBTQIA+phobes amènent souvent les victimes à se replier sur elles-mêmes.

Tu peux prévenir cela en orientant la victime vers des services de soutien et des associations LGBTQIA+ dans sa région : Obtenir du soutien

En tant que pro, j’ai besoin de parler

Recueillir régulièrement le récit de victimes de violences peut affecter la santé mentale de celleux qui les accompagnent. Cela peut même aboutir à une forme de désensibilisation ou de déconnexion émotionnelle.

Si tu te sens concerné·e par ce phénomène, il est important de prendre en compte ces symptômes et d’en parler à tes collègues, ton/ta médecin ou le/la conseiller·ère en prévention sur ton lieu de travail.  

Services d'écoute et de partage pour les pros

  • Télé-Accueil offre une écoute gratuite, anonyme, pour toute personne qui en ressent le besoin. Par téléphone au 107 (24h/24) ou via le chat (entre 13h et 3h du matin – en collaboration avec le site français SOS amitié).
  • SOS Viol offre une écoute aux professionnel·les par téléphone au 0800 98 100 du lundi au vendredi de 8h à 18h ou par email (info@sosviol.be).
  • Le CESI organise des groupes de paroles pour les équipes de soins.

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Ressources

Recours

Illustration d'un mug de café, de feuilles de papier et de crayons et marqueurs.Illustration d'une pièce de mosaïque jaune
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