Quitter le site
en danger ?
112
retour
Discriminations et violences

Sur internet

La violence sur Internet ou cyberviolence englobe toutes les formes d’agressions auxquelles on peut être exposé·e à travers les technologies numériques : harcèlement, violation de la vie privée, abus et exploitation sexuels, discours de haine, etc.

Ce type de violence est spécifique par son caractère immatériel mais a des conséquences bien réelles.

Une personne assaillie par des contenus négatifs ou agressifs issus de son smartphone.

La cyberintimidation ou cyberdomination

  • La cyberhaine : les discours haineux en ligne, c'est-à-dire toute expression discriminante ou dégradante envers une personne ou un groupe en raison de son identité, notamment son identité de genre, son expression de genre, son orientation sexuelle, etc.
  • Le cybercontrôle : employer des outils numériques pour vérifier les déplacements et relations sociales de la victime.
  • La cybersurveillance : employer des outils numériques pour assurer un contrôle continu des activités, déplacements et relations sociales de la victime. Cette pratique se fait parfois sans que la victime le sache, ou lui est imposée.
  • Les cyberviolences économiques ou administratives : employer les outils numériques pour réduire l’autonomie financière et administrative de la victime.
  • Le cyberharcèlement : envahir le quotidien de la victime de manière malveillante à distance, par des appels, SMS ou communications sur les réseaux sociaux.
  • Le flaming : envoyer une salve de messages violents, insultants et ou dégradants à une personne ou un groupe de personnes. Cela s’apparente à du harcèlement.
  • L’astroturfing : technique de harcèlement qui combine plusieurs actions pour propager un message haineux plus largement (multiplication de faux comptes et/ou achat de followers sur les réseaux sociaux...).
  • Le raid numérique : plusieurs auteur·rices s’en prennent à une ou plusieurs personnes dans le but de les humilier.

L'atteinte à la vie privée en ligne

  • Le compte ficha (du verlan “afficher”) : humilier quelqu’un en postant des photos ou des vidéos de cette personne sans son consentement.
  • Le doxxing : divulguer des informations personnelles (identité, adresse, numéro de téléphone, numéro de carte bancaire...) d'une personne, en ligne, sans son consentement, dans le but de l’exposer à du harcèlement.
  • L’usurpation d’identité : créer un compte, page ou profil sur un réseau social dans le but de voler l’identité digitale d’une personne.
  • L’outing en ligne : dévoiler l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d'une personne sans son accord. Cette pratique peut inclure la diffusion d’une vidéo, d’une photo intime ou de captures d’écran de messages privés.
  • Les deepfakes (ou hypertrucages) : diffuser des contenus audio ou vidéo manipulés ou créés par l’intelligence artificielle dans le but d’humilier la victime. Souvent, ces contenus sont à caractère sexuel.

Les violences sexuelles en ligne

  • La sextorsion : chantage à caractère sexuel. Détenir ou prétendre détenir des images intimes d’une personne et menacer de les diffuser à moins que la personne n’exécute les demandes de l’arnaqueur·euse.
  • Le catfishing (ou cyberimposture) : adopter une fausse identité en ligne ou une fausse partie d’identité (par exemple, mentir sur son orientation sexuelle) dans le but de manipuler ouescroquer la victime.
  • Le cyberflashing : envoi non-sollicité et non-consenti de photos ou de vidéos à caractère sexuel. Exemple typique : l’envoi de dickpic.
  • Le revenge porn (ou pornodivulgation) : diffuser des photos ou vidéos à caractère pornographique d’une personne sans son consentement dans le but de se venger.
  • Le grooming : aborder intentionnellement un·e mineur·e dans le but de le/la manipuler à des fins sexuelles. Les groomers tentent d'établir un rapport de confiance avec le/la jeune afin de l’amener progressivement à des actes à connotation sexuelle. Le grooming peut entraîner de la violence sexuelle en ligne (par webcam, chat, email...) ou dans la vie réelle (par une rencontre physique).

Les auteur·rices de violence

Le/la partenaire ou ex-partenaire

  • Cybercontrôle/cybersurveillance : surveiller les déplacements et les interactions sociales, installer un tracker GPS dans la voiture, exiger de lire les messages de son/sa partenaire…
  • Cyberviolence économique ou administrative : changer les mots de passe de comptes en ligne pour en limiter l’accès, prendre le contrôle d’un compte bancaire commun…
  • Cyberharcèlement : téléphoner toutes les heures, messages constants avec obligation de réponse immédiate...
  • Cyberviolences sexuelles : menacer de diffuser du contenu intime, exiger de filmer des pratiques sexuelles…

L’entourage

  • Cyberharcèlement scolaire ou professionnel : menaces, insultes, sabotage de la réputation ou du travail…
  • Usurpation d’identité pour diffuser de fausses informations.
  • Cybersurveillance : fouiller les messages/dossiers privés d’un·e proche dans le but de découvrir son orientation sexuelle, par exemple.
  • Catfishing dans le but de manipuler, se venger ou de soutirer des informations personnelles et sensibles telles que le numéro de compte bancaire, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, etc. C’est la pratique utilisée pour créer les guet-apens sur les applis de rencontre.
  • Diffusion de rumeurs ou de contenus privés ou discriminatoires.

Des individu·es anonymes

  • Astroturfing : donner le sentiment à la victime d’être attaquée par un grand nombre d’individus à la fois alors qu’il s’agit de quelques personnes qui ont créé plusieurs profils.
  • Troll : provocation gratuite visant à blesser ou générer des conflits, créer des polémiques...
  • Menaces et intimidations en lien avec l’orientation sexuelle, le genre, etc.

Des groupes organisés (bandes, groupes idéologiques...)

  • Groupes de cyberharcèlement coordonnés : campagnes contre des figures publiques comme des militant·es, des journalistes, par des pratiques de trucage de l’image de la personne ou la production de deepfakes, de diffusion de contenu personnel ou sensible.
  • Extrémistes et groupes haineux : diffusion de contenus violents, incitations à la haine, manipulation de l’information.
  • Cyber-activisme toxique : doxxing, piratage ciblé, pression psychologique en ligne.

Les espaces et supports numériques

La violence peut se trouver dans beaucoup de contenus différents :

  • Les supports écrits (messages, commentaires, publications...)
  • Les images et les vidéos (photo/vidéomontages, reels, stories…)
  • Le contenu audio (messages vocaux, appels en ligne…)
  • La création de faux profils
  • Le piratage de compte
  • Le vol d’identité, etc.

Les violences en ligne se transmettent via de nombreux canaux de communication :

  • Applications de conversation privées et en groupe : WhatsApp, Messenger, Signal, Telegram, Instagram...
  • Réseaux sociaux : publications, tags, commentaires et messages
  • Plateformes de jeux en ligne : chats écrits et vocaux, privés ou publics
  • Site webs de médias, Youtube : commentaires
  • Plateformes collaboratives sur le lieu de travail/scolaire : visioconférence, canaux de discussion de groupe, commentaire de documents...
  • Sites de rencontre
  • Emails
  • Forums et salles de chat

Les réactions courantes des victimes

Les violences LGBTQIA+phobes ont des conséquences profondes sur la santé mentale et physique des victimes.

  • La sidération : face à un acte violent, il arrive de rester sidéré·e, figé·e. Le cerveau, incapable de traiter le danger, bloque temporairement les pensées et mouvements pour se protéger. Ne pas avoir agi sur le moment n’est donc pas une faiblesse, c’est une stratégie de survie.
  • La minimisation : il arrive aussi souvent de minimiser, taire ou rationaliser la violence subie. Ces mécanismes, souvent inconscients, aident à réduire l’angoisse et à garder une forme de contrôle. Dans un contexte où les violences LGBTQIA+phobes sont encore trop banalisées, ces réactions permettent de tenir bon.
  • L'internalisation : on peut aussi ressentir de la honte, de la culpabilité, de la colère ou de la peur. Ces émotions sont légitimes et s’expliquent par les rapports de force systémiques : les personnes hétérosexuelles et cisgenres, en position dominante, imposent des normes qui rejettent les identités et expressions LGBTQIA+. Internaliser ces normes peut provoquer du dégoût de soi et nuire à la santé.
  • L'invisibilisation : pour se protéger des violences et discriminations, on peut parfois choisir de cacher une partie de qui on est. Bien que ce comportement soit compréhensible, il présente un risque important de dépression, d’anxiété, de comportements à risque. Les personnes LGBTQIA+ ont entre 2 et 8 fois plus de risques de tentative de suicide que les personnes hétéro-cisgenres.

retour

Que dit la loi ?

Les discours de haine

Trois lois fédérales pénalisent les discours de haine :

  • La loi du 30 juillet 1981, appelée “loi antiracisme” porte sur les critères protégés dits « raciaux » tels que la nationalité, la prétendue race, la couleur de peau, l’ascendance ou encore l’origine nationale ou ethnique (Article 20).
  • La loi du 10 mai 2007, appelée “loi genre” porte sur des critères protégés qui sont liés au genre tels que le sexe, la grossesse, la procréation médicalement assistée, la transition médicale et sociale, l’identité et l’expression de genre, etc (Article 27).
  • La loi du 10 mai 2007, appelée “loi antidiscrimination” porte sur des critères protégés autres que les critères “raciaux” et liés au genre, tels que l’âge, l'orientation sexuelle, la conviction religieuse, le handicap, l’origine sociale, etc (Article 22).

Parmi les critères protégés par ces lois, on retrouve le sexe, la transition médicale ou sociale, l'identité de genre, l'expression de genre, les caractéristiques sexuées, l'orientation sexuelle. Ces critères ne doivent pas forcément être réellement présents chez la victime : il suffit que l’auteur·rice suppose que la victime possède un ou plusieurs de ces critères.

Ces lois condamnent également l'incitation à la discrimination ou à la haine. Cela consiste à adopter, en public, un de ces comportements :

  • Inciter à la discrimination ou à la ségrégation à l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'une communauté ;
  • Inciter à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'une communauté.

L'adhésion à un groupe ou une association qui prône, en public et de manière manifeste et répétée, la discrimination ou la ségrégation fondée sur un ou plusieurs des critères protégés par ces lois est également punissable.

Sur Internet, les discours de haine sont considérés comme publics même s’ils ont été communiqués à quelques personnes uniquement, ou diffusés dans des groupes fermés sur les réseaux sociaux.

Le code pénal

Le code pénal sanctionne les différentes formes de cyberviolence avec des peines allant de 6 mois à 5 ans d’emprisonnement en fonction du type de violence.

UN NOUVEAU CODE PENAL ENTRE EN VIGUEUR LE 8 AVRIL 2026.
  • Les mobiles discriminatoires sur base du sexe, de l’identité ou expression de genre, des caractéristiques sexuées, de l’orientation sexuelle sont définis comme facteur aggravant des infractions à l’article 29.
  • Le harcèlement y est défini aux articles 237, 238 et 239.
  • La calomnie est visée aux articles 240 à 246.
  • Les actes de discrimination y sont répertoriés aux articles 249 à 257. Les discours de haine en ligne sont définis dans l’article 250.

Le harcèlement

Selon l’article 442bis du code pénal, le harcèlement est tout comportement qui affecte une autre personne alors que l’auteur·rice savait ou aurait dû savoir que ce comportement affecte gravement la tranquillité de la victime.

L’article 442ter prévoit que les peines prévues en cas de harcèlement peuvent être doublées si l’intention de l’auteur·rice est la haine, le mépris ou l’hostilité envers une personne en raison de son sexe, de son identité de genre, de son expression de genre, de ses caractéristiques sexuelles, de son orientation sexuelle, etc.

L’article 145 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques condamne l’utilisation abusive d’un moyen de communication électronique pour déranger des correspondant·es, produire des dommages ou commettre une fraude.  

Le harcèlement est défini par :

  • une volonté d’ennuyer la victime ;
  • une interaction directe avec la victime ;
  • via un moyen de communication électronique (un sms, un email, un message sur Facebook ou WhatsApp…).

Le harcèlement n’est pas forcément répétitif : une seule interaction suffit.

Dans le nouveau code pénal belge qui entrera en vigueur en avril 2026, il n’y a plus de distinction entre le harcèlement “dans la vraie vie” et le cyberharcèlement.

L'atteinte à la vie privée

L'outing en ligne

Révéler l'orientation sexuelle ou l'identité de genre de quelqu’un·e sans son consentement est une infraction dans le code pénal belge, en vertu du respect de la vie privée et de la lutte contre les discriminations.

  • L’article 34 de la loi du 30 juillet 2018 relative au traitement et à la protection des données dites “sensibles” et personnelles des individu·es protège notamment les données relatives à la vie sexuelle ou à l’orientation sexuelle et les données concernant la santé, entres autres.
  • L’identité de genre n’est pas clairement listée dans les données sensibles, mais d’autres lois ou règlements européens protègent cette donnée. En Belgique, la loi genre interdit toute discrimination sur base de l’identité de genre.
  • Le RGPD prévoit que chaque personne a le droit, à tout moment, d’accéder à ses données, de les faire corriger ou les faire supprimer, et de porter plainte en cas de non-respect de la règlementation en vigueur.

Révéler publiquement des informations personnelles sans consentement est donc une violation de la vie privée, pouvant donner lieu à :

  • des sanctions civiles (dommages et intérêts) ;
  • des sanctions pénales, notamment si cela cause un préjudice (défini par l’article 22 de la Constitution belge, qui garantit le droit au respect de la vie privée).

La cybersurveillance

La cybersurveillance ou le cybercontrôle d’une personne est sanctionné par l’article 314bis du code pénal qui interdit l’écoute, l’enregistrement ou la prise de connaissance de communications privées sans le consentement de toustes les participant·es.

Les violences sexuelles en ligne

Le code pénal inclut plusieurs articles qui s’appliquent directement ou indirectement aux violences sexuelles en ligne. Quand ces actes sont commis avec une intention de discriminer ou sur une personne vulnérable, il s’agit de circonstances aggravantes qui augmentent nettement les peines.

L’atteinte à l’intégrité sexuelle

Article 417/7 : exécuter ou faire exécuter un acte à caractère sexuel sur ou par une personne qui n’y consent pas. Cela comprend aussi le fait de montrer des actes à caractère sexuel à une personne qui n’y consent pas.

Par exemple, une personne découvre que ses collègues ont formé un groupe privé en ligne pour créer et diffuser des deepnudes d’autres collègues.

Le voyeurisme

Article 417/8 : observer ou faire observer une personne sans son consentement pendant qu’elle est dénudée ou qu’elle pratique un acte sexuel, dans un environnement considéré comme à l'abri des regards. Cela comprend aussi le fait de faire (ou de faire faire) un enregistrement visuel ou audio de la situation.

Par exemple, une personne qui filme secrètement des personnes qui se changent dans les vestiaires, pour partager les images dans un groupe privé en ligne.  

La diffusion non-consentie de contenus à caractère sexuel

Article 417/9 : montrer, rendre accessible ou diffuser du contenu visuel ou audio d’une personne dénudée ou d’une personne qui pratique une activité sexuelle sans son accord, même si cette personne a consenti à leur réalisation. L’article 417/10 aggrave la diffusion non-consentie de contenu à caractère sexuel si cela a été fait par vengeance.

Par exemple, un·e ex-partenaire partage des photos dénudées de son/sa ex-partenaire sur une conversation de groupe avec ses ami·es.

L’exhibitionnisme

Article 417/53 : imposer à la vue d’autres personnes ses propres organes génitaux dénudés ou un acte à caractère sexuel dans un lieu public, ou accessibles aux regards publics. Cela comprend les lieux virtuels.

Par exemple, envoyer une photo de son pénis en érection (dick pic) à une personne sans son consentement dans une application de rencontre.

L’approche d’un·e mineur·e à des fins sexuelles ou “grooming”

Article 417/42 : proposer une rencontre à un·e mineur·e pour le/la manipuler à des fins sexuelles et poser des actes matériels pouvant conduire à la rencontre. Cette infraction est punie d’un emprisonnement de 3 à 5 ans. L’article 417/50 précise que l’approche d’un·e mineur·e de moins de 16 ans est un facteur aggravant.

La calmonie, la diffamation et le délit de presse

Selon les articles 443 à 452 du code pénal :

  • La diffamation : attribuer à une personne un fait qui nuit à son honneur ou sa réputation. Cela peut être vrai ou faux. Ce qui est important, c’est que cela endommage la réputation de la personne.
  • La calomnie est similaire, mais c’est une diffamation mensongère : l’auteur·rice ment dans le but de nuire à la réputation de la victime.

Le délit de presse : exprimer par écrit une opinion punissable, par exemple diffamatoire, haineuse ou négationniste, dans une publication publique, que ce soit sur un support imprimé (journal, livre, tract…) ou en ligne (site web, réseau social, etc). Ce n’est pas une infraction pénale, mais une catégorie d’infraction de droit commun. Le droit commun, c'est les règles générales du droit pénal qui s’appliquent à tout le monde.

La procédure judiciaire pour le délit de presse change en fonction de ce qui est exprimé et de l’intention derrière la publication :

  • Si le délit repose sur du racisme, de la xénophobie ou du négationnisme, la personne sera jugée devant un tribunal correctionnel.
  • S’il repose sur d’autres formes de discrimination (comme l’orientation sexuelle ou l’identité de genre), la personne sera jugée à la cour d’assises, avec un jury populaire. Il s’agit d’une procédure compliquée et coûteuse.

retour

Que faire ?

Face aux discours de haine & harcèlement

Évite de répondre

  • Répondre pourrait conduire à une vague de harcèlement et à une escalade des propos haineux.
  • N’oublie pas que tout ce que tu dis ou écris pourrait être utilisé contre toi.
  • Répondre renforce la visibilité des contenus qui te blessent, car les algorithmes utilisés par les réseaux sociaux mettent en avant les contenus en fonction du volume d'interaction.

Si le fait de ne pas répondre t'impacte de façon plus négative que positive, alors sens-toi libre de répondre. Ce guide te donne des conseils sur comment gérer les commentaires en ligne.

Masque ou supprime les commentaires

Sur la plupart des réseaux sociaux, il est possible de masquer certains commentaires sur les publications. Les commentaires sont conservés, mais ils deviennent inaccessibles aux autres utilisateur·rices.

L’auteur·rice du message ou du commentaire n’est pas prévenu·e du masquage : iel est toujours capable de le voir.

Signale le contenu haineux à la plateforme

Signale les messages ou autres contenus indésirables aux plateformes qui les hébergent. Plus le contenu violent est signalé, plus il a de chance d’être pris en compte. N’hésite donc pas à demander à un maximum de témoins de signaler le contenu avec toi.  

Signale le contenu sur :

Signaler un commentaire sur Meta (Instagram et Facebook) : clique en-dessous du commentaire, sur la mention de l'ancienneté de celui-ci, pour obtenir un lien direct. Si tu envoies juste le lien vers la publication, il est parfois impossible de retrouver le commentaire en question, vu les nombreux commentaires qui auront pu être faits par la suite.

Les procédures de signalement sur d’autres plateformes sont disponibles dans ce guide.

Face aux violences sexuelles

Si tu es victime d’un comportement sexuel non-consenti en ligne, souviens-toi que tu n’as rien fait de mal. Les personnes qui publient le contenu et dépassent tes limites sont responsables.

Evite de réagir sans réfléchir : fais une pause et déconnecte-toi au besoin.

Si tu reçois du contenu à caractère sexuel non-consenti

  • Être clair·e : fais un demande claire et directe à l’auteur·rice des messages. Par exemple : « Je ne réponds pas aux dick pics ».
  • Mettre des limites : dis à l’auteur·rice que son comportement a dépassé les limites et précise tes attentes, par exemple qu’iel cesse son comportement.
  • Déstabiliser : déstabilise l’auteur·rice en lui répondant de manière étrange ou surprenante. Par exemple, « merci pour votre message, mais notre entreprise n’accepte pas de candidatures spontanées pour le moment”.
  • Rendre public : tu peux aussi rendre public le comportement non-consenti. Cela peut se faire au niveau individuel (alerter des personnes qui connaissent l’auteur·rice des messages) ou de façon publique. Montre que tu t’opposes à ce comportement et que tu veux qu’il cesse. Mais sois prudent·e, car cela peut attirer l’attention sur les faits violents et sur toi et entraîner des réactions indésirables en cascade.  

Attention : si tu diffuses des informations personnelles ou des images intimes de quelqu’un·e d’autre, tu enfreins à ton tour la vie privée de cette personne et cela est punissable.

Si quelqu’un diffuse du contenu à caractère sexuel sur toi

Si du contenu intime te représentant (qu'il soit réel ou créé par des outils numériques) a été diffusé sur Internet sans ton consentement :

  • Agis le plus rapidement possible.
  • Prends des captures d’écrans du contenu où le nom de la plateforme et la date apparaissent, si possible.
  • Tu peux supprimer les images toi-même : ce guide explique comment faire selon les plateformes.

Si quelqu’un·e menace de diffuser du contenu à caractère sexuel ou si tu penses que ce contenu pourrait être diffusé, tu peux télécharger l’image et/ou la vidéo sur la plateforme StopNCII (Stop Non-Consensual Intimate Image Abuse). Tu crées alors une empreinte numérique sur ce contenu, qui permettra aux réseaux sociaux et autres plateformes de bloquer les images identifiées grâce à ce code numérique, et la diffusion sera interrompue.

Tu es mineur·e ?  Consulte le site de Child Focus qui propose des informations et un soutien ciblé pour les jeunes.

Ne reste pas seul·e

Face à la violence, on a tendance à se replier sur soi-même, mais c'est important d’être entouré·e et conseillé·e. Confie-toi à tes proches ou consulte Obtenir du soutien pour sortir de l’isolement.

Si tu es inondé·e de messages ou d’images haineux·ses, tu peux demander à un·e proche de filtrer tes comptes sur les réseaux sociaux. Iel pourra repérer les messages ou images à supprimer et tu ne verras que les messages habituels.

Tu es mineur·e ?

  • Parle-en directement à un·e adulte en qui tu as confiance : un·e parent·e, un·e ami·e, un·e prof, le centre PMS de ton école, un centre de planning familial...
  • Tu peux appeler Child Focus au 116 000 gratuitement pour toute question de sécurité en ligne.
  • Le site Cybersquad te donne des conseils : un·e coach peut répondre directement à tes questions via un chat anonyme.

Garde des preuves

  • Fais des copies ou des captures d'écran (comment faire ?) des messages ou contenus haineux.
  • Dans tes captures, assure-toi que le nom de la plateforme, la date et l'heure apparaissent.
  • Fais des captures d’écran du profil de la/des personne(s) qui t’ont envoyé ces contenus, si c'est possible.
  • Sauvegarde cela dans un endroit sécurisé comme une clé USB ou un disque dur externe. Archive.today te permet de sauvegarder une page Internet, même si la page originale disparaît.  

Attention : des extraits de conversation ne sont pas suffisants. Il vaut mieux conserver ce qui s’est dit avant et après, pour que le contexte dans lequel les propos haineux ont été exprimés soit clair.

Dépose plainte à la police

Si tu souhaites que l’auteur·rice de violence soit poursuivi·e en justice, il faut porter plainte à la police. Il vaut mieux porter plainte le plus rapidement possible, car certaines preuves peuvent disparaître rapidement (par exemple, des enregistrements de caméra de surveillance).  

Attention :

  • Si tu es mineur·e, la police devra informer tes parents de ta plainte.
  • On ne peut pas porter plainte à la police de manière anonyme : la police recueillera les informations présentes sur ta carte d’identité (nom, date de naissance, adresse...).

Au poste de police

Rends-toi directement au poste de police de ton choix, ou prends rendez-vous.

  • Prends avec toi tes documents d’identité et les preuves que tu as rassemblées.
  • Toutes les zones de police ont une personne référente pour les discriminations et délits de haine, à qui tu peux demander à parler.
  • La police ne peut pas refuser d’acter ta plainte.
  • La police doit enregistrer explicitement les cas de violence LGBTQIA+phobe dans le procès-verbal. Parfois l’agent·e ne sait pas qu’iel doit le faire, n’hésite donc pas à le demander clairement.
  • Demande à signer une “déclaration de personne lésée” pour être informé·e de la suite de la procédure.
  • Tu recevras une “attestation de dépôt de plainte”, qui contient des informations utiles pour la suite de la procédure. Tu peux aussi demander une copie de ton procès-verbal. La police ne remet en principe qu’une seule copie.
  • Tu peux faire modifier le procès-verbal à tout moment, même si celui-ci est déjà établi, si tu te souviens d’autres détails importants par la suite.

Tu peux être accompagné·e au moment du dépôt de plainte, par un·e proche, une personne de confiance ou un·e professionnel·le formé·e, par exemple les travailleur·euses des Maisons Arc-en-Ciel. Des services d’assistance aux victimes peuvent aussi t’accompagner :  

Les Services d’Assistance Policière aux Victimes (SAPV)

Ces services, rattachés à la police, peuvent intervenir avant ou après le dépôt de plainte. Ils apportent un premier soutien rapide : écoute et espace de parole sécurisé, informations sur les démarches qui suivent et les services d'aide.

Les services d’aide aux victimes

Ces services sont indépendants de la police et de la justice, gratuits et confidentiels. Ils proposent un suivi personnalisé aux victimes et à leurs proches : aide psychologique et/ou sociale, orientation et soutien dans les démarches (police, institutions judiciaires, assurances, médecin, etc). Tu peux y faire appel à tout moment, que tu aies déposé plainte ou non.

Déclaration en ligne

Si tu ne peux pas te déplacer ou que tu préfères ne pas te rendre au poste de police, tu peux déclarer les actes LGBTQIA+phobes au guichet en ligne de la police, sous 2 conditions :

  • Tu as une carte d’identité belge ;
  • L'auteur·rice des faits est inconnu·e.

Déclaration en ligne

  • Clique sur “Guichet digital : déclaration non-urgente". Ta demande sera traitée par la zone de police compétente pendant les jours de travail. Pour les demandes urgentes, il faut se rendre directement au poste de police.
  • Dans le formulaire, sélectionne “Délits de haine”, identifie-toi puis explique les faits.
  • N’oublie pas de joindre des preuves à ta déclaration.

La police te recontactera si elle a besoin de plus d’informations, puis rédigera un procès-verbal.

Pendant la procédure judiciaire

Une fois qu’un procès-verbal est rédigé, une procédure judiciaire débute, qui peut être longue et difficile. Tu peux recevoir du soutien pendant celle-ci.

Les services d’accueil des victimes

Les services d’accueil des victimes dépendent des Maisons de justice. Ils peuvent t'informer sur tes droits et le déroulement d’une procédure judiciaire, servir d’intermédiaire entre le/la magistrat·e responsable de l’enquête et toi et apporter un soutien et un accompagnement dans les démarches. Ces services peuvent t’accompagner du dépôt de plainte jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.

L’aide juridique de première ligne

Ce service permet aux victimes d’obtenir gratuitement des renseignements pratiques, des informations juridiques ou un premier avis juridique de la part d’avocat·es. Des permanences sont organisées dans les Bureaux d’Aide Juridiques de chaque barreau.

Trouve les coordonnées du bureau d’aide juridique le plus proche en cliquant sur le barreau de ta région.

L’aide juridique de deuxième ligne (gratuite ou à moindre frais) est accessible aux personnes à faibles revenus.

DÉPOSER PLAINTE POUR UN TRAITEMENT DISCRIMINATOIRE DE LA PART D’UN·E AGENT·E DE POLICE

Si, durant ton dépôt de plainte, tu estimes avoir été victime de discrimination de la part de la police, tu peux porter plainte :

  • auprès du/de la chef·fe de la police ou du “responsable du contrôle interne” du service de police concerné ;
  • à l'Inspection Générale de la Police (AIG) ;
  • au Comité P, l’organe de contrôle externe des services de police.

L’inspection générale de la police (AIG)

L’inspection générale de la police est un organe de contrôle indépendant qui cherche à améliorer le fonctionnement des services de police. Elle reçoit les plaintes concernant les agent·es ou les services de la police fédérale ou de la police locale. Selon la nature de la plainte, elle l’examine elle-même ou la transmet à la direction du/de l’agent·e ou du service de police concerné.

Le Comité P

Le Comité P examine toutes les plaintes qui montrent un problème dans l’organisation ou la structure policière, un problème individuel, une négligence ou une erreur grave. Le comité P transmet les plaintes qui concernent les fautes ou problèmes individuels aux services de contrôle interne de la police concernée et vérifie qu’elles sont traitées correctement. Le comité P ne punit pas la police. Il rédige des rapports au Parlement pour informer sur son fonctionnement.

Tu recevras d’office une réponse écrite à ta plainte. Tu peux demander au Comité P de ne pas communiquer tes coordonnées, mais cela peut rendre l’enquête limitée voire impossible.

Introduis un signalement

Si tu ne souhaites pas déposer une plainte à la police, tu peux introduire un signalement aux organismes de lutte contre la discrimination. Un signalement ne remplace pas une procédure judiciaire.

Ces organisations peuvent t’offrir une écoute, du soutien et des conseils sur les démarches que tu peux entreprendre, de façon gratuite et confidentielle. Dans certains cas, ils peuvent agir en tant que médiateur entre toi et la partie adverse. Parfois, si les faits de discrimination sont très graves et des preuves sont collectées, une action en justice peut être menée.  

Les signalements permettent aux organisations de rassembler des données importantes sur la situation belge et de formuler des recommandations pour renforcer les politiques antidiscrimination. En rendant les cas de violences LGBTQIA+phobes visibles, tu fais la différence.

Violence basée sur le genre/le sexe

Pour toute discrimination, discours de haine ou délit de haine concernant le sexe, le genre, la transition de genre, l’identité ou l’expression de genre, ainsi que les caractéristiques sexuées, contacte l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes (IEFH). Tu peux faire un signalement anonyme ou en ton nom, ce qui facilite le suivi de ton dossier. Ton identité ne sera pas révélée à la personne ou à l'organisation concernée sans ton accord.

Formulaire de signalement

Si tu n'arrives pas à remplir le formulaire, appelle le 0800 12 800 les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 12h, et le mercredi de 13h à 16h.

Violence basée sur l’orientation sexuelle

Pour toute discrimination, discours de haine ou délit de haine concernant l’orientation sexuelle ou romantique, mais aussi de nombreux autres critères protégés, contacte Unia. Unia est Signaleur de confiance (Trusted flagger) pour l'Union Européenne : signaler un contenu haineux à Unia peut permettre un traitement prioritaire de ces contenus sur les plateformes concernées.

  • Les faits doivent dater de moins d’un an.
  • Ton signalement ne peut pas être anonyme.

Formulaire de signalement

Si tu n'arrives pas à remplir le formulaire, appelle le 0800 12 800 du lundi au vendredi entre 9h30 et 13h.

Signale la haine en ligne

Tu n’es pas sûr d’à qui t’adresser ? Vis à Vis est un groupe d’organisations qui tentent de protéger les communautés marginalisées des messages de haine et de discrimination en ligne. Iels collaborent avec les institutions publiques et donnent des conseils aux victimes pour agir contre la haine en ligne.

Formulaire de signalement

BRUXELLES : LET'S REPORT LGBTQIA+PHOBIA

Le projet Let’s Report LGBTQIA+phobia de la Rainbow House Brussels rassemble les signalements des victimes d'actes LGBTQIA+phobes à Bruxelles pour faire remonter ces chiffres aux autorités publiques. Les signalements concernent tout acte LGBTQIA+phobe (agression verbale ou physique, harcèlement), qui a eu lieu sur le territoire bruxellois.

Le signalement est anonyme, confidentiel et sécurisé, et peut être fait en parallèle d’un signalement auprès d’Unia ou de l’IEFH.

Envoie un mail à fiche@rainbowhouse.be ou envoie un SMS, message Whatsapp ou laisse un message vocal au 0492 40 84 84. On te recontactera dans les trois jours pour convenir d’un rendez-vous.

Tu as été victime d’un acte LGBTQIA+phobe sur le territoire wallon ? Signale-le à Unia ou l’IEFH, ou contacte une Maison Arc-en-Ciel pour qu’elle t’accompagne dans tes démarches.

retour

Obtenir du soutien

Associations LGBTQIA+

Les espaces communautaires sont une ressource importante pour faire face aux violences : ils permettent de rompre l’isolement, de partager des expériences communes, d’accéder à des informations fiables et de bénéficier d’un réseau de personnes solidaires.

Wallonie

  • Les Maisons Arc-en-Cielsont des espaces de soutien psycho-social et de sociabilisation pour les personnes LGBTQIA+. Elles sont les relais locaux pour toute personne LGBTQIA+ à la recherche d’un lieu convivial et bienveillant, d’activités entre pairs et d’informations.

Bruxelles

Wallonie et Bruxelles

  • Pixiels, la fédération des jeunes LGBTQIA+, est composée de six pôles locaux qui mettent en place des espaces safer où les jeunes queer peuvent sociabiliser, s’informer et vivre pleinement leur identité.
  • Genres Pluriels est une association d’accueil et de soutien pour les personnes transgenres et intersexuées. Iels organisent des permanences et des groupes de parole chaque mois.
  • Ex Aequo est une association qui s’adresse aux communautés gays et HSH. Iels organisent des dépistages d’IST, des accompagnements en matière de chemsex, des groupes de paroles autour du VIH...

Services d’aide et d’écoute

Wallonie et Bruxelles

  • Les Services d’aide aux victimes offrent gratuitement un accompagnement psychologique aux personnes victimes de violences.
  • Télé-Accueil offre une écoute gratuite, anonyme, pour toute personne qui en ressent le besoin. Par téléphone au 107 (24h/24) ou via le chat (entre 13h et 3h du matin – en collaboration avec le site français SOS amitié).
  • Brise le silence apporte une aide psychologique ou un accompagnement psycho-médico-social ou juridique aux victimes de violences sexuelles. Par téléphone au 0488 800 626 du lundi au vendredi de 9h à 12h30 ou par formulaire de contact.
  • SOS Viol apporte aux victimes et à leurs proches des points de repère pour les aider et les orienter. Par téléphone au 0800 98 100 du lundi au vendredi de 8h à 18h, par email (info@sosviol.be) ou chat les lundi et vendredi de 17h à 21h et le mercredi de 14h à 18h.

Mineur·es :

  • Ecoute-Enfants fournit une écoute sans jugement aux enfants et aux adolescent·es. Par téléphone au 103 tous les jours de 10h à minuit.
  • Child Focus répond à toute question concernant la sécurité en ligne des enfants et adolescent·es. Par téléphone au 116 000.
  • Cybersquad donne des conseils sur les violences et situations problématiques en ligne. Un·e coach peut répondre directement à tes questions via un chat anonyme.
  • Maintenant j’en parle permet aux mineur·es victimes de violences sexuelles de chatter avec des intervenant·es spécialisé·es du lundi au vendredi de 18h à 21h.

Bruxelles

  • Le site stop-violence.brussels propose une carte interactive des services compétents en matière de violence. Un filtre “LGBTQI+” dans “Situations spécifiques” permet de trouver les services formés aux spécificités des personnes LGBTQIA+.

Tu n'as pas trouvé le soutien que tu cherchais ? Contacte-nous.

Besoin d'un médecin ou psy LGBTQIA+friendly ?

Wallonie et Bruxelles

Bruxelles

  • La Maison Arc-en-Ciel de Santé est une maison médicale et un centre de santé à destination des publics LGBTQIA+. Consultations du lundi au jeudi de 9h à 18h à la rue des Grands Carmes 20, 1000 Bruxelles. Par téléphone au 02 372 01 22 du lundi au vendredi de 8h à 18h ou par mail sur info@macs.brussels.

Comment en parler à ses proches

Pourquoi est-ce si difficile d’en parler ?

On peut parfois se retrouver isolé·e après avoir subi de la violence. Le choc émotionnel peut provoquer un repli sur soi, par peur d’être jugé·e, pas cru·e, blâmé·e...  La honte de soi ou d’avoir vécu de la violence, la peur d’en subir davantage, peuvent t’empêcher d’en parler et de chercher du soutien.

C’est normal de ressentir de la colère, de la peur, de la tristesse ou un sentiment d’injustice. Ces émotions sont des signaux : apprendre à les identifier, à les nommer est une première étape pour prendre soin de soi. Parler des violences qu’on a vécues permet de guérir, de retrouver espoir et de s’armer davantage dans le cas où cela se reproduirait. Mais si tu ne souhaites pas en parler, personne ne peut te forcer. Tu n’es pas obligé·e de tout dire, ni à tout le monde, ni tout de suite, ni tout court.

Quelques conseils

  • Il vaut mieux s’adresser à des proches ou professionnel·les qui comprennent les identités LGBTQIA+ et peuvent offrir un soutien adapté, comme par exemple une personne de confiance ou un·e proche qui t’a déjà écouté·e ou soutenu·e par le passé.
  • Choisis un endroit calme où la discussion ne sera pas dérangée et où tu te sens en sécurité.
  • Si tu n’es pas sûr·e d’arriver à t’exprimer, tu peux d'abord écrire ce que tu souhaites dire. Si, le moment venu, tu n’arrives pas à passer par la parole, tu peux donner ton texte à lire à la personne.
  • Réfléchis à l’avance aux attentes que tu places sur cette conversation. Souhaites-tu simplement te confier ? Veux-tu demander des conseils, de l’aide ? Lors de la conversation, sois clair sur tes attentes vis à vis de la personne à qui tu parles.
  • Tu peux commencer la conversation par des phrases comme : “J’ai besoin de te parler de quelque chose de difficile, c’est important pour moi et j’ai besoin que tu me croies.”
  • Si tu souhaites que la conversation reste confidentielle, dis-le clairement à la personne. Sois conscient·e que si ton histoire est très difficile, la personne à qui tu te confies aura peut-être besoin d’en parler à quelqu’un d’autre.
  • Prends le temps de dire ce que tu veux dire et utilise les mots qui collent à ton ressenti, même si ce ne sont pas les mots exacts pour décrire la situation.

Et après ?

On hésite parfois à parler à nos proches car on pense qu’on va les déranger ou les faire souffrir. Mais parler de nos expériences peut avoir des conséquences positives, comme :  

  • le partage d’une charge émotionnelle, d’un poids ;
  • la possibilité pour nos proches de mieux comprendre notre état et nos besoins ;
  • les personnes de notre entourage peuvent nous aider et nous montrer leur soutien.

Par contre, sois conscient·e que certaines personnes seront incapables de t'écouter, que ce soit par peur, par ignorance ou par rejet. Quelles que soient leurs raisons, elles ne remettent pas en question ton droit de t'exprimer. N'affronte pas ce genre de situations seul·e : d’autres personnes, d’autres espaces (associatifs, groupes de soutien, professionnel·les LGBTQIA+friendly) peuvent être plus soutenant·es.

retour

Témoin

Pourquoi on a tendance à ne pas agir

Les témoins de violences LGBTQIA+phobes jouent un rôle important dans la lutte contre les discriminations, mais iels n'interviennent souvent pas directement. Quelques raisons :

  • Le manque de connaissances : beaucoup de témoins ne savent pas reconnaître les situations de violence car iels ne sont pas suffisamment renseigné·es sur le sujet. Souvent, iels ne savent pas si une intervention est nécessaire ou non.
  • La banalisation des violences : certain·es minimisent l'importance des actes LGBTQIA+phobes, par exemple en se disant “Ce n’est pas méchant”, “Ce n’est qu’une blague”, etc
  • La peur des conséquences : les témoins peuvent craindre pour leur propre sécurité ou redouter des répercussions sociales ou professionnelles.
  • Le manque de confiance : certains témoins doutent de leur capacité à intervenir efficacement.
  • L’état de choc ou la surprise : les témoins, tout comme les victimes, peuvent être surpris·es voire en état de choc face à une situation de violence, ce qui les empêche de réagir de manière adaptée.
  • L’effet témoin : si d’autres personnes sont également témoins de la situation, cela aura un effet de « dilution » de la responsabilité. Les témoins peuvent avoir tendance à se dire que quelqu’un·e d’autre réagira forcément, ce qui conduit à l’inaction de tout le monde.

Soutien immédiat

En tant que témoin, il est important de montrer ton soutien à la victime : écoute la sans jugement, rappelle-lui que ce n’est pas sa faute et manifeste clairement ta désapprobation vis-à-vis du comportement de l’auteur·rice des faits. Une réaction renforce les victimes : elles se sentent moins isolées et plus légitimes dans leurs démarches futures.

  • Encourage la victime à ne pas répondre aux propos haineux et à se déconnecter pour prendre une pause.
  • Ne commence pas à débattre ou à te disputer avec les auteur·rices des propos haineux, car cela augmente la visibilité des contenus, ce qui va à l’encontre de ton intention.
  • Si tu es proche de la victime et qu’elle est inondée de messages haineux, tu peux lui proposer de te déléguer l’accès à ses comptes et filtrer le contenu pour elle. Ne lui fais parvenir que les messages positifs et les manifestations de soutien, cela stoppera la vague de contenus qui impactent sa santé mentale de manière négative.

Consulte ce guide des bonnes pratiques pour les allié·es ou témoins de comportement haineux ou abusif en ligne.

Documenter l’incident

Avec le consentement de la victime, collecte des preuves :

  • Fais des copies ou des captures d'écran (comment faire ?) des messages ou contenus haineux.
  • Dans tes captures, assure-toi que le nom de la plateforme, la date et l'heure apparaissent.
  • Fais des captures d’écran du profil de la/des personne(s) qui ont envoyé ces contenus, si c'est possible.
  • Sauvegarde cela dans un endroit sécurisé comme une clé USB ou un disque dur externe. Archive.today permet de sauvegarder une page Internet, même si la page originale disparaît.  

Attention : des extraits de conversation ne sont pas suffisants. Il vaut mieux conserver ce qui s’est dit avant et après, pour que le contexte dans lequel les propos haineux ont été exprimés soit clair.

Sur cette page, tu trouveras des conseils sur comment documenter le harcèlement en ligne, quelles preuves collecter et comment les stocker.

Signaler les faits

Sur les plateformes

Commence par signaler ou masquer toi-même les commentaires et contenus haineux sur les plateformes. Tu peux aussi le faire de manière préventive, avant que les personnes concernées ne voient les messages, pour éviter l’impact négatif que cela peut avoir sur leur santé mentale.

Signale le contenu sur :

Signaler un commentaire sur Meta (Instagram et Facebook) : clique en-dessous du commentaire, sur la mention de l'ancienneté de celui-ci, pour obtenir un lien direct. Si tu envoies juste le lien vers la publication, il est parfois impossible de retrouver le commentaire en question, vu les nombreux commentaires qui auront pu être faits par la suite.

Les procédures de signalement sur d’autres plateformes sont disponibles dans ce guide.

Aux institutions antidiscrimination

Encourage la victime à signaler la violence aux organismes de lutte contre la discrimination : cela permettra d'éventuellement poursuivre l'auteur·rice de violence en justice, mais cela permet aussi de visibiliser les violences LGBTQIA+phobes, afin de renforcer les politiques antidiscriminations.

  • Propose-lui de l’aider à faire un signalement à Unia (violence basée sur l'orientation sexuelle) ou l'IEFH (violence basée sur le genre/le sexe) ;
  • Si les faits sont graves, propose-lui de l’accompagner à la police pour qu’elle dépose plainte.

En tant que témoin, tu peux aussi porter plainte à la police ou introduire un signalement en ton nom.

Orienter vers des ressources

Les violences et discriminations LGBTQIA+phobes amènent souvent les victimes à se replier sur elles-mêmes.

Tu peux prévenir cela en orientant la victime vers des services de soutien et des associations LGBTQIA+ dans sa région : Obtenir du soutien

Mineur·es :

  • Pour les parents de mineur·es victimes de violences sexuelles en ligne, Child Focus propose des informations, des outils et un soutien ciblé.
  • Pour les enseignant·es et écoles préoccupé·es par les violences en ligne, l’application Cyberaide propose des outils pour aider les parents et enseignant·es à prévenir, repérer et réagir face à des situations de cyberharcèlement.

Si tu gères une page sur les réseaux sociaux

Tu peux créer un code de conduite dans lequel tu fixes des règles claires pour les usager·ères de ta page ou de ton groupe. Définis à l’avance :

  • des règles concernant les messages à caractère politique : qu'est-ce qui est acceptable ou non ?
  • des règles pour les publications commerciales ;
  • des règles concernant l’utilisation des majuscules. Souvent, une phrase ou des mots écrits entièrement en majuscules contient du contenu agressif envers les autres utilisateur·rices.

Réfléchis à l’avance à ce que tu feras quand le cadre ne sera pas respecté :

  • Les messages seront-ils supprimés ?
  • Les utilisateur·rices seront-iels bloqué·es ?

Réévalue régulièrement le cadre que tu as posé et prends en compte les retours des utilisateur·rices quand tu l'adaptes.

Tu peux utiliser le dispositif pasici.be pour informer les utilisateur·rices sur les discours haineux et les règles de conduite sur les réseaux sociaux.

Se former

Le manque de connaissances est une des causes principales de la non-intervention des témoins. Chercher à s’informer, à écouter activement et à comprendre les réalités LGBTQIA+ permet de mieux accompagner la victime.

Si tu as des personnes LGBTQIA+ dans ton entourage, cela peut être intéressant de s’informer sur leur vécu, tout en veillant à rester bienveillant·e.

Pour se former

Pour s’informer

retour

Professionnel·le

Se former / s'informer

Il n’est pas nécessaire d’attendre de rencontrer des publics LGBTQIA+ pour s’informer sur les enjeux spécifiques liés à ces communautés. Sans pour autant devenir expert·e, une base de connaissances et de bonnes pratiques consolideront la confiance que t’octroie la personne que tu reçois.  

Pour offrir un accompagnement compétent et adapté, les travailleur·euses du secteur psycho-médico-social peuvent et doivent être proactif·ves dans leur (in)formation sur les questions de genre de façon générale.  

Pour se former

Pour s’informer

Instaurer un espace sécurisant et inclusif

Quand on accompagne des personnes LGBTQIA+ qui subissent des violences en raison de qui elles sont, il est d’autant plus important de respecter les identités et les expériences de ces personnes.

Bonnes pratiques

L’environnement dans lequel tu reçois une personne LGBTQIA+ est très important.

Avant un rendez-vous, tu peux mettre en place ces éléments :

  • afficher un soutien aux personnes LGBTQIA+ dans les espaces d’accueil ou les salles d’attente via des affiches, des flyers ou des brochures ;
  • inclure des options non-genrées et opter pour une écriture inclusive dans les formulaires (prise de rendez-vous, etc) ;
  • afficher une charte de fonctionnement interne à la structure qui sanctionne tout acte de discrimination, etc.

Pendant le rendez-vous :

  • mentionne ton pronom de manière systématique quand tu te présentes. Cela invite l’autre personne à faire de même si elle a envie ;
  • utilise un langage dit « neutre » ou épicène (par exemple, « votre partenaire » plutôt que « votre compagne ou compagnon ») afin de s'éloigner de la cishétéronormativité, une norme sociale qui nous fait considérer que toute personne est cisgenre et hétérosexuelle de prime abord.  

Ressources

  • Epicentre : le Guide de santé inclusive couvre les enjeux importants de l’accueil des publics LGBTQIA+ dans le secteur psycho-médico-social
  • Infor-Femmes : En·quête d'inclusivité, témoignages et questionnements autour de l’accueil des publics LGBTQIA+
  • Université du Québec (UQAM) : fiche synthèse pour une posture professionnelle adaptée auprès des publics LGBTQIA+ vivant de la violence

Accueillir une victime

En tant que professionnel·le de première ligne, tu es parfois le premier maillon de la chaîne dans le parcours d’aide que la victime sollicite. Accueillir le récit d’une victime n’est pas anodin : cela requiert une écoute active et de l'empathie. Les mots employés sont importants.

Pour que la personne se sente respectée et prise au sérieux, il est important de :

  • Croire : reconnais la violence subie et la souffrance de la personne, ne remets pas en cause la perception que la victime a de la situation.
  • Ne pas minimiser ou nier la situation : rappelle à la personne qu’elle n’est pas responsable de ce qui lui arrive, remercie-la pour sa confiance et valorise sa demande de soutien.
  • Ne pas brusquer : laisse à la personne le temps de s’exprimer, respecte son rythme et n’intervient pas trop vite dans le dialogue. Tu risques de projeter tes propres interprétations sur la situation.
  • Ne pas juger les choix ou le comportement de la personne. Les récits de personnes traumatisées peuvent être confus ou contradictoires.

Ces éléments permettent d’éviter le phénomène de victimisation secondaire : c'est quand une personne qui a déjà subi de la violence endure une souffrance supplémentaire, causée par la manière dont elle est accueillie ou considérée par son entourage, des professionnel·les ou des instances juridiques.

Ressources

Informer sur les recours possibles

Rassembler des preuves

Si la victime souhaite agir face à la situation de violence, elle aura besoin de preuves. Tu peux vérifier avec elle qu'elle a rassemblé les éléments suivants :

  • des copies ou des captures d'écran (comment faire ?) des messages ou contenus haineux, où le nom de la plateforme, la date et l'heure apparaissent
    • des extraits de conversation ne sont pas suffisants. Il vaut mieux conserver ce qui s’est dit avant et après, pour que le contexte dans lequel les propos haineux ont été exprimés soit clair.
  • des captures d’écran du profil de la/des personne(s) qui ont envoyé ces contenus

Ces preuves doivent être sauvegardées dans un endroit sécurisé comme une clé USB ou un disque dur externe. Archive.today permet de sauvegarder une page Internet, même si la page originale disparaît.  

Sur cette page, tu trouveras des conseils sur comment documenter le harcèlement en ligne, quelles preuves collecter et comment les stocker.

Recours possibles

Tu peux encourager la victime à :

  1. Ne pas répondre aux messages de haine, afin d'éviter de renforcer la visibilité des contenus et de subir une escalade des propos haineux.
  2. Signaler le contenu haineux aux plateformes qui les hébergent :
    1. Instagram
    2. Whatsapp
    3. Facebook
    4. TikTok
    5. X (anciennement Twitter)
    6. Twitch
  3. En cas de revenge porn : supprimer les images et/ou les télécharger sur la plateforme StopNCII (Stop Non-Consensual Intimate Image Abuse), qui crée une empreinte numérique sur les images permettant aux plateformes de bloquer leur diffusion.
  4. Introduire un signalement à Unia (violence basée sur l'orientation sexuelle) ou l'IEFH (violence basée sur le genre/le sexe).
  5. Faire un dépôt de plainte à la police si les faits sont graves.

Prévenir le repli sur soi

Les violences et discriminations LGBTQIA+phobes amènent souvent les victimes à se replier sur elles-mêmes.

Tu peux prévenir cela en orientant la victime vers des services de soutien et des associations LGBTQIA+ dans sa région : Obtenir du soutien

En tant que pro, j’ai besoin de parler

Recueillir régulièrement le récit de victimes de violences peut affecter la santé mentale de celleux qui les accompagnent. Cela peut même aboutir à une forme de désensibilisation ou de déconnexion émotionnelle.

Si tu te sens concerné·e par ce phénomène, il est important de prendre en compte ces symptômes et d’en parler à tes collègues, ton/ta médecin ou le/la conseiller·ère en prévention sur ton lieu de travail.  

Services d'écoute et de partage pour les pros

  • Télé-Accueil offre une écoute gratuite, anonyme, pour toute personne qui en ressent le besoin. Par téléphone au 107 (24h/24) ou via le chat (entre 13h et 3h du matin – en collaboration avec le site français SOS amitié).
  • SOS Viol offre une écoute aux professionnel·les par téléphone au 0800 98 100 du lundi au vendredi de 8h à 18h ou par email (info@sosviol.be).
  • Le CESI organise des groupes de paroles pour les équipes de soins.
  • Le 1712 est une ligne d’assistance pour toute personne qui a des questions sur la violence, les abus et la maltraitance des enfants.

retour

Ressources

Jeunes

  • Actions médias jeunes : ateliers et formation d’éducation aux médias pour les jeunes
  • Jedecide.be : plateforme d’information pour les jeunes sur la vie privée en ligne
  • Child Focus
    • Le site Internet contient des webinaires, des outils, des articles pour aborder des sujets en rapport avec l’utilisation d’Internet par les jeunes : l’utilisation de l’IA, le sexting...
    • Formation Clicksafe : formation à destination des professionnel·les qui travaillent avec des public jeunes ou enfants pour les sensibiliser et les aider lors de l’utilisation d’Internet
    • Stop image d’abus : formulaire de signalement d’images d'abus sexuel d'enfants
  • Cybersquad : plateforme d’information pour les jeunes sur les violences et situations problématiques en ligne. Chat anonyme avec un·e professionnel·le ou entre pairs.
  • Cyberaide : application qui propose des outils pour aider les parents et enseignant·es à prévenir, repérer et réagir face à des situations de cyberharcèlement.

Témoins

Autres ressources

Illustration d'un ordinateur et d'un smartphoneIllustration d'une pièce de mosaïque rose
Une demande urgente ? Contacte-nous rapidement via ce formulaire, nous te répondrons dans les 2 jours ouvrables.
Merci ! Votre message a bien été envoyé.
Une erreur est survenue, veuillez essayer à nouveau.