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Discriminations et violences

Dans l'espace public et le milieu festif

La violence, c’est tout comportement qui amène une personne à ne pas se sentir en sécurité. Elle peut être physique, psychologique, morale, sexuelle...  Menacer d'employer de la violence est déjà de la violence.

La violence dans l'espace public et festif, ce sont les agressions physiques ou verbales, harcèlements et comportements discriminatoires qui ont lieu :

  • dans des lieux accessibles à toustes : rues, transports en commun, alentours de domicile, parcs, etc ;
  • dans les environnements festifs : bars, clubs, soirées, concerts, festivals, etc.

Il n’est pas nécessaire d’avoir des séquelles physiques et matérielles pour être victime de violence.

L’impact de ces violences sur le sentiment de sécurité et la liberté de mouvement des personnes minorisées dans l'espace public les contraignent souvent à adopter des comportements d'évitement, d'autocensure ou d’invisibilisation pour se protéger.

La violence physique

Quand on pense à la violence physique, on pense souvent aux coups et blessures, au vol avec brutalité, aux agressions physiques ou bousculades...  Selon l’étude de 2024 de safe.brussels, ces formes de violence constituent le deuxième type de violence le plus courant dans l’espace public, après les violences verbales.

Quand l’auteur·rice de violence agit par haine ou mépris envers une personne ou un groupe en raison de son orientation sexuelle, son identité de genre, sa couleur de peau, son handicap, etc, iel risque une plus lourde peine car iel commet un délit de haine.  

Il existe d’autres formes de violence physique, comme les violences sexuelles, la soumission chimique ou “spiking”, qui est le fait droguer/saouler une personne à son insu, etc.

La violence psychologique ou verbale

Ce sont tous les comportements qui cherchent à exercer une domination sur la victime de violence. Cela peut être des insultes, des remarques déplacées, des menaces, suivre quelqu’un·e dans la rue...

Dans l’espace public, la violence psychologique ou verbale est souvent de nature sexiste. Ce sont tous les comportements qui méprisent et dévalorisent les femmes et personnes LGBTQIA+ sexisées, et qui visent à les maintenir dans une position inférieure.

La discrimination

La discrimination repose sur un traitement inégal en fonction de critères spécifiques, comme le genre, l'âge, l'origine, la religion, la conviction politique, l'orientation sexuelle, l'état de santé... Une personne discriminée est traitée moins favorablement que d’autres dans une situation comparable, sans raison valable.

Par exemple, refuser l’entrée d’une personne dans un bar ou un club, refuser l’accès à une personne trans au vestiaire qui correspond à son identité de genre…  

Les discours de haine

Ce sont tous les propos agressifs ou insultants envers une personne ou un groupe basés sur des critères spécifiques (genre, âge, origine, couleur de peau, etc).

Par exemple, des insultes qui ciblent spécifiquement l’orientation sexuelle ou l’expression de genre d’une personne constituent un discours de haine.

La violence sexuelle

Les violences sexuelles comprennent comprend tout acte sexuel non consenti, donc imposé à la victime, qui peut être physique (atteinte à l'intégrité sexuelle, viol), verbal ou non-verbal. Il s'agit de violence sexuelle même quand la victime n’a pas exprimé clairement son refus.

Le harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel porte atteinte à la dignité d'une personne et crée une atmosphère intimidante, hostile, dégradante ou humiliante. Dans la rue, le harcèlement sexuel peut se manifester sous différentes formes : des regards insistants ou dérangeants, des remarques ou insinuations à connotation sexuelle, de l’exhibitionnisme, des propositions malaisantes, des attouchements physiques (par exemple, les « frotteurs » dans les transports en commun)...

Les lieux publics et festifs

Lieux publics propices aux violences et discriminations

  • Transports en commun et gares
  • Rues et espaces urbains, parkings
  • Parcs et jardins publics
  • Établissements scolaires et universitaires
  • Alentours des lieux de culte et espaces religieux
  • Plages et piscines publiques
  • Événements publics (marchés, manifestations, stades)

Lieux festifs propices aux violences et discriminations

  • Bars, clubs, établissements de nuit
  • Soirées privées et afters
  • Boîtes de nuit et clubs
  • Quartiers festifs et espaces touristiques de la nuit
  • Saunas, sex-clubs et zones de “cruising”
  • Événements festifs de masse (festivals, concerts)

Les réactions courantes des victimes

Les violences LGBTQIA+phobes ont des conséquences profondes sur la santé mentale et physique des victimes.

  • La sidération : face à un acte violent, il arrive de rester sidéré·e, figé·e. Le cerveau, incapable de traiter le danger, bloque temporairement les pensées et mouvements pour se protéger. Ne pas avoir agi sur le moment n’est donc pas une faiblesse, c’est une stratégie de survie.
  • La minimisation : il arrive aussi souvent de minimiser, taire ou rationaliser la violence subie. Ces mécanismes, souvent inconscients, aident à réduire l’angoisse et à garder une forme de contrôle. Dans un contexte où les violences LGBTQIA+phobes sont encore trop banalisées, ces réactions permettent de tenir bon.
  • L'internalisation : on peut aussi ressentir de la honte, de la culpabilité, de la colère ou de la peur. Ces émotions sont légitimes et s’expliquent par les rapports de force systémiques : les personnes hétérosexuelles et cisgenres, en position dominante, imposent des normes qui rejettent les identités et expressions LGBTQIA+. Internaliser ces normes peut provoquer du dégoût de soi et nuire à la santé.
  • L'invisibilisation : pour se protéger des violences et discriminations, on peut parfois choisir de cacher une partie de qui on est. Bien que ce comportement soit compréhensible, il présente un risque important de dépression, d’anxiété, de comportements à risque. Les personnes LGBTQIA+ ont entre 2 et 8 fois plus de risques de tentative de suicide que les personnes hétéro-cisgenres.

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Que dit la loi ?

Les lois antidiscrimination

  • La loi du 30 juillet 1981, appelée “loi antiracisme” porte sur les critères protégés dits « raciaux » tels que la nationalité, la prétendue race, la couleur de peau, l’ascendance ou encore l’origine nationale ou ethnique.
  • La loi du 10 mai 2007, appelée “loi genre” porte sur des critères protégés qui sont liés au genre tels que le sexe, la grossesse, la procréation médicalement assistée, la transition médicale et sociale, l’identité et l’expression de genre, etc.
  • La loi du 10 mai 2007, appelée “loi antidiscrimination” porte sur des critères protégés autres que les critères “raciaux” et liés au genre, tels que l’âge, l'orientation sexuelle, la conviction religieuse, le handicap, l’origine sociale, etc.

Grâce à ces lois, il est possible de punir plus sévèrement les violences motivées par la haine, comme dans le cas des discours et délits de haine.

Parmi les critères protégés par ces lois, on retrouve le sexe, la transition médicale ou sociale, l'identité de genre, l'expression de genre, les caractéristiques sexuées, l'orientation sexuelle. Ces critères ne doivent pas forcément être réellement présents chez la victime : il suffit que l’auteur·rice suppose que la victime possède un ou plusieurs de ces critères.

Ces lois condamnent également l'incitation à la discrimination ou à la haine. Cela consiste à adopter, en public, un de ces comportements :

  • Inciter à la discrimination ou à la ségrégation à l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'une communauté ;
  • Inciter à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'une communauté.

L'adhésion à un groupe ou une association qui prône, en public et de manière manifeste et répétée, la discrimination ou la ségrégation fondée sur un ou plusieurs des critères protégés par ces lois est également punissable.

Le code pénal

Le code pénal sanctionne les différentes formes de violence avec des peines variant entre 1 mois et 5 ans d’emprisonnement et de 50 à 1 000€ d’amende en fonction du type de violence.

Les violences physiques sont détaillées dans le code pénal en fonction de la nature de l’acte : coups et blessures, dégâts matériels, spiking...

UN NOUVEAU CODE PENAL ENTRE EN VIGUEUR LE 8 AVRIL 2026.
  • Les mobiles discriminatoires sur base du sexe, de l’identité ou expression de genre, des caractéristiques sexuées, de l’orientation sexuelle sont définis comme facteur aggravant des infractions à l’article 29.
  • Le harcèlement y est défini aux articles 237, 238 et 239.
  • La calomnie est visée aux articles 240 à 246.
  • Les actes de discrimination y sont répertoriés aux articles 249 à 257.

Les violences sexuelles

L’atteinte à l’intégrité sexuelle (article 417/7) c’est exécuter ou faire exécuter un acte à caractère sexuel sur ou par une personne qui n’y consent pas. Cela comprend aussi le fait de montrer des actes à caractère sexuel à une personne qui n’y consent pas.

Selon la loi du 21 mars 2022, article 417/5, le consentement :

  • doit être donné librement ;
  • ne se réduit pas à l’absence de résistance de la victime ;
  • est révocable : il peut être retiré à tout moment.

Il n’y a pas de consentement si la personne ne peut pas le donner parce que :

  • la personne est rendue vulnérable par la peur ;
  • la personne est sous influence de l’alcool, de stupéfiants, de substances psychotropes ;
  • le jugement de la personne est affecté par une maladie ou une situation de handicap ;
  • la personne est inconsciente ou endormie ;
  • la personne a été victime de menace, de violences physiques ou psychologiques, d'une contrainte, d'une surprise, d'une ruse.

Le harcèlement

Selon l’article 442bis du code pénal, le harcèlement est tout comportement qui affecte une autre personne alors que l’auteur·rice savait ou aurait dû savoir que ce comportement affecte gravement la tranquillité de la victime.

L’article 442ter prévoit que les peines prévues en cas de harcèlement peuvent être doublées si l’intention de l’auteur·rice est la haine, le mépris ou l’hostilité envers une personne en raison de son sexe, de son identité de genre, de son expression de genre, de ses caractéristiques sexuelles, de son orientation sexuelle, etc.

La calomnie et diffamation

Selon les articles 443 à 452 du code pénal :

  • La diffamation c’est attribuer à une personne un fait qui nuit à son honneur ou sa réputation. Cela peut être vrai ou faux. Ce qui est important, c’est que cela endommage la réputation de la personne.
  • La calomnie est similaire, mais c’est une diffamation mensongère : l’auteur·rice ment dans le but de nuire à la réputation de la victime.

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Que faire ?

Pense à ta sécurité immédiate

Si tu te trouves dans une situation de danger immédiat :

  • Demande de l’aide autour de toi
  • Réfugie-toi dans un endroit sûr (magasin, café, espace public fréquenté...)
  • Appelle le 112 : urgence générale (pompiers, ambulance). Numéro unique pour toute l’Europe
  • Appelle le 101 : aide urgente de la police locale

Dans les transports publics

SNCB

  • Appelle Securail (numéro d’urgence gratuit disponible 24h/24) : 0800 30 230. Enregistre ce numéro dans les contacts de ton téléphone pour l’avoir toujours sous la main.
  • Tu peux aller trouver directement les agent·es de Securail, reconnaissables à leurs uniformes rouges ou noirs, dans les gares et à bord des trains.
  • En cas de danger grave, tu peux actionner le signal d'alarme présent dans tous les wagons de train.

TEC

Préviens le/la conducteur·rice et signale un problème au call-center local :

STIB

  • Contacte les numéros généraux de secours (101 et 112) en priorité.
  • Tram et bus : préviens le/la conducteur·rice, qui pourra contacter le service de sécurité de la STIB.
  • Métro : les bornes SOS présentes sur tous les quais te permettent de contacter le dispatching, qui peut réagir en temps réel. Il y a un contact direct entre elleux et la police.

Les stations de métro, les métros, trams et bus disposent de caméras, qui peuvent être accessibles à la police en cas de plainte.

En cas de violence sexuelle

Si la violence a eu lieu il y a moins d’une semaine

Rends-toi dans un Centre de Prévention des Violences Sexuelles (CPVS) sans rendez-vous. Les CPVS sont ouverts 7j/7 et 24h/24.

Tu y recevras une écoute attentive et des soins médicaux, médico-légaux ou psychologiques si tu le souhaites. Ils sont confidentiels et gratuits.

Si tu souhaites porter plainte, tu pourras le faire directement au CPVS avec un·e agent·e de police formé·e.

  • Le mieux est de se rendre au CPVS le plus rapidement possible.
  • Apporte un maximum d’objets portant des traces de l’auteur·rice de violence (vêtements, draps, ...).
  • Il est recommandé de ne pas uriner et de ne pas se laver.
  • Si tu penses avoir été drogué·e, conserve ton urine dans un contenant étanche et garde-le au frigo.

Dans certaines villes, un service de taxis gratuits peut t’emmener directement au CPVS :

  • Bruxelles : Appelle Alice, 02 349 44 22
  • Louvain-la-Neuve : Appelle Ariel, 010 47 24 24

Si tu es mineur·e, tu peux te rendre au poste de police le plus proche, la police organisera un transport vers un CPVS.

Si la violence a eu lieu il y a plus d’une semaine

Appelle ou envoie un email au Centre de Prévention des Violences Sexuelles (CPVS) le plus proche pour fixer un rendez-vous.

Tu y recevras une écoute attentive et des informations. Des possibilités de soins médicaux et psychologiques et d’enquête médico-légale te seront proposées selon tes besoins.  

Si tu souhaites porter plainte, le CPVS pourra t’aider à fixer un rendez-vous avec la police.

En cas de violence physique

Rends-toi aux urgences ou consulte un médecin le plus rapidement possible. Pour trouver un médecin safe, consulte “Obtenir du soutien”.

Les professionnel·les de santé pourront te soigner mais également faire un constat de ton état physique et te délivrer un certificat médical, qui sera utile pour ton signalement futur.

Si tu n’as pas de blessure visible mais que tu as reçu un choc à la tête, il y a un risque de commotion cérébrale : consulte un médecin.

Garde des preuves‍

Rassemble un maximum d’informations concernant ce qu’il s’est passé. Plus les informations sont exactes mieux c’est. Le plus rapidement possible après les faits, prends note des informations suivantes :  

  • Date et lieu
  • Faits : que s’est-il passé exactement ?
  • Propos : qu'est-ce qui a été dit exactement ?
  • Identité ou description de l’auteur·rice
  • Noms et coordonnées de témoins éventuels
  • Si dans un transport public : ligne de transport concernée et horaire

Se rappeler la violence qu’on a vécu est difficile et les émotions qui te traversent sont légitimes, mais c’est nécessaire si tu souhaites agir contre l’auteur·rice de violence.

Tente également de rassembler des preuves des conséquences psychologiques, sociales, professionnelles ou médicales des faits :

  • Vidéos et/ou photos de l’incident ;
  • Preuves médicales (certificat, imagerie médicale...) ;
  • Photos des blessures, contusions... ;
  • Photos des dégâts matériels.

Dépose plainte à la police

Si tu souhaites que l’auteur·rice de violence soit poursuivi·e en justice, il faut porter plainte à la police. Il vaut mieux porter plainte le plus rapidement possible, car certaines preuves peuvent disparaître rapidement (par exemple, des enregistrements de caméra de surveillance).  

Attention :

  • Si tu es mineur·e, la police devra informer tes parents de ta plainte.
  • On ne peut pas porter plainte à la police de manière anonyme : la police recueillera les informations présentes sur ta carte d’identité (nom, date de naissance, adresse...).

Au poste de police

Rends-toi directement au poste de police de ton choix, ou prends rendez-vous.

  • Prends avec toi tes documents d’identité et les preuves que tu as rassemblées.
  • Toutes les zones de police ont une personne référente pour les discriminations et délits de haine, à qui tu peux demander à parler.
  • La police ne peut pas refuser d’acter ta plainte.
  • La police doit enregistrer explicitement les cas de violence LGBTQIA+phobe dans le procès-verbal. Parfois l’agent·e ne sait pas qu’iel doit le faire, n’hésite donc pas à le demander clairement.
  • Demande à signer une “déclaration de personne lésée” pour être informé·e de la suite de la procédure.
  • Tu recevras une “attestation de dépôt de plainte”, qui contient des informations utiles pour la suite de la procédure. Tu peux aussi demander une copie de ton procès-verbal. La police ne remet en principe qu’une seule copie.
  • Tu peux faire modifier le procès-verbal à tout moment, même si celui-ci est déjà établi, si tu te souviens d’autres détails importants par la suite.

Tu peux être accompagné·e au moment du dépôt de plainte, par un·e proche, une personne de confiance ou un·e professionnel·le formé·e, par exemple les travailleur·euses des Maisons Arc-en-Ciel. Des services d’assistance aux victimes peuvent aussi t’accompagner :  

Les Services d’Assistance Policière aux Victimes (SAPV)

Ces services, rattachés à la police, peuvent intervenir avant ou après le dépôt de plainte. Ils apportent un premier soutien rapide : écoute et espace de parole sécurisé, informations sur les démarches qui suivent et les services d'aide.

Les services d’aide aux victimes

Ces services sont indépendants de la police et de la justice, gratuits et confidentiels. Ils proposent un suivi personnalisé aux victimes et à leurs proches : aide psychologique et/ou sociale, orientation et soutien dans les démarches (police, institutions judiciaires, assurances, médecin, etc). Tu peux y faire appel à tout moment, que tu aies déposé plainte ou non.

Déclaration en ligne

Si tu ne peux pas te déplacer ou que tu préfères ne pas te rendre au poste de police, tu peux déclarer les actes LGBTQIA+phobes au guichet en ligne de la police, sous 2 conditions :

  • Tu as une carte d’identité belge ;
  • L'auteur·rice des faits est inconnu·e.

Déclaration en ligne

  • Clique sur “Guichet digital : déclaration non-urgente". Ta demande sera traitée par la zone de police compétente pendant les jours de travail. Pour les demandes urgentes, il faut se rendre directement au poste de police.
  • Dans le formulaire, sélectionne “Délits de haine”, identifie-toi puis explique les faits.
  • N’oublie pas de joindre des preuves à ta déclaration.

La police te recontactera si elle a besoin de plus d’informations, puis rédigera un procès-verbal.

Pendant la procédure judiciaire

Une fois qu’un procès-verbal est rédigé, une procédure judiciaire débute, qui peut être longue et difficile. Tu peux recevoir du soutien pendant celle-ci.

Les services d’accueil des victimes

Les services d’accueil des victimes dépendent des Maisons de justice. Ils peuvent t'informer sur tes droits et le déroulement d’une procédure judiciaire, servir d’intermédiaire entre le/la magistrat·e responsable de l’enquête et toi et apporter un soutien et un accompagnement dans les démarches. Ces services peuvent t’accompagner du dépôt de plainte jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.

L’aide juridique de première ligne

Ce service permet aux victimes d’obtenir gratuitement des renseignements pratiques, des informations juridiques ou un premier avis juridique de la part d’avocat·es. Des permanences sont organisées dans les Bureaux d’Aide Juridiques de chaque barreau.

Trouve les coordonnées du bureau d’aide juridique le plus proche en cliquant sur le barreau de ta région.

L’aide juridique de deuxième ligne (gratuite ou à moindre frais) est accessible aux personnes à faibles revenus.

DÉPOSER PLAINTE POUR UN TRAITEMENT DISCRIMINATOIRE DE LA PART D’UN·E AGENT·E DE POLICE

Si, durant ton dépôt de plainte, tu estimes avoir été victime de discrimination de la part de la police, tu peux porter plainte :  

  • auprès du/de la chef·fe de la police ou du “responsable du contrôle interne” du service de police concerné ;
  • à l'Inspection Générale de la Police (AIG) ;
  • au Comité P, l’organe de contrôle externe des services de police.  

L’inspection générale de la police (AIG)

L’inspection générale de la police est un organe de contrôle indépendant qui cherche à améliorer le fonctionnement des services de police. Elle reçoit les plaintes concernant les agent·es ou les services de la police fédérale ou de la police locale. Selon la nature de la plainte, elle l’examine elle-même ou la transmet à la direction du/de l’agent·e ou du service de police concerné.

Le Comité P

Le Comité P examine toutes les plaintes qui montrent un problème dans l’organisation ou la structure policière, un problème individuel, une négligence ou une erreur grave. Le comité P transmet les plaintes qui concernent les fautes ou problèmes individuels aux services de contrôle interne de la police concernée et vérifie qu’elles sont traitées correctement. Le comité P ne punit pas la police. Il rédige des rapports au Parlement pour informer sur son fonctionnement.

Tu recevras d’office une réponse écrite à ta plainte. Tu peux demander au Comité P de ne pas communiquer tes coordonnées, mais cela peut rendre l’enquête limitée voire impossible.

Introduis un signalement

Si tu ne souhaites pas déposer une plainte à la police, tu peux introduire un signalement aux organismes de lutte contre la discrimination. Un signalement ne remplace pas une procédure judiciaire.

Ces organisations peuvent t’offrir une écoute, du soutien et des conseils sur les démarches que tu peux entreprendre, de façon gratuite et confidentielle. Dans certains cas, ils peuvent agir en tant que médiateur entre toi et la partie adverse. Parfois, si les faits de discrimination sont très graves et des preuves sont collectées, une action en justice peut être menée. 

Les signalements permettent aux organisations de rassembler des données importantes sur la situation belge et de formuler des recommandations pour renforcer les politiques antidiscrimination. En rendant les cas de violences LGBTQIA+phobes visibles, tu fais la différence.

Violence basée sur le genre/le sexe

Pour toute discrimination, discours de haine ou délit de haine concernant le sexe, le genre, la transition de genre, l’identité ou l’expression de genre, ainsi que les caractéristiques sexuées, contacte l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes (IEFH). Tu peux faire un signalement anonyme ou en ton nom, ce qui facilite le suivi de ton dossier. Ton identité ne sera pas révélée à la personne ou à l'organisation concernée sans ton accord.

Formulaire de signalement

Si tu n'arrives pas à remplir le formulaire, appelle le 0800 12 800 les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 12h, et le mercredi de 13h à 16h.

Violence basée sur l’orientation sexuelle

Pour toute discrimination, discours de haine ou délit de haine concernant l’orientation sexuelle ou romantique, mais aussi de nombreux autres critères protégés, contacte Unia.

  • Les faits doivent dater de moins d’un an.
  • Ton signalement ne peut pas être anonyme.

Formulaire de signalement

Si tu n'arrives pas à remplir le formulaire, appelle le 0800 12 800 du lundi au vendredi entre 9h30 et 13h.

BRUXELLES : LET'S REPORT LGBTQIA+PHOBIA

Le projet Let’s Report LGBTQIA+phobia de la Rainbow House Brussels rassemble les signalements des victimes d'actes LGBTQIA+phobes à Bruxelles pour faire remonter ces chiffres aux autorités publiques. Les signalements concernent tout acte LGBTQIA+phobe (agression verbale ou physique, harcèlement), qui a eu lieu sur le territoire bruxellois.

Le signalement est anonyme, confidentiel et sécurisé, et peut être fait en parallèle d’un signalement auprès d’Unia ou de l’IEFH.

Envoie un mail à fiche@rainbowhouse.be ou envoie un SMS, message Whatsapp ou laisse un message vocal au 0492 40 84 84. On te recontactera dans les trois jours pour convenir d’un rendez-vous.

Tu as été victime d’un acte LGBTQIA+phobe sur le territoire wallon ? Signale-le à Unia ou l’IEFH, ou contacte une Maison Arc-en-Ciel pour qu’elle t’accompagne dans tes démarches.

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Obtenir du soutien

Associations LGBTQIA+

Les espaces communautaires sont une ressource importante pour faire face aux violences : ils permettent de rompre l’isolement, de partager des expériences communes, d’accéder à des informations fiables et de bénéficier d’un réseau de personnes solidaires.

Wallonie

  • Les Maisons Arc-en-Cielsont des espaces de soutien psycho-social et de sociabilisation pour les personnes LGBTQIA+. Elles sont les relais locaux pour toute personne LGBTQIA+ à la recherche d’un lieu convivial et bienveillant, d’activités entre pairs et d’informations.

Bruxelles

Wallonie et Bruxelles

  • Pixiels, la fédération des jeunes LGBTQIA+, est composée de six pôles locaux qui mettent en place des espaces safer où les jeunes queer peuvent sociabiliser, s’informer et vivre pleinement leur identité.
  • Genres Pluriels est une association d’accueil et de soutien pour les personnes transgenres et intersexuées. Iels organisent des permanences et des groupes de parole chaque mois.
  • Ex Aequo est une association qui s’adresse aux communautés gays et HSH. Iels organisent des dépistages d’IST, des accompagnements en matière de chemsex, des groupes de paroles autour du VIH...

Services d’aide et d'écoute

Wallonie et Bruxelles

  • Les Services d’aide aux victimes offrent gratuitement un accompagnement psychologique aux personnes victimes de violences.
  • Télé-Accueil offre une écoute gratuite, anonyme, pour toute personne qui en ressent le besoin. Par téléphone au 107 (24h/24) ou via le chat (entre 13h et 3h du matin – en collaboration avec le site français SOS amitié).
  • Les Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) offrent des soins médicaux, psychologiques et légaux aux victimes de violences sexuelles.
  • Brise le silence apporte une aide psychologique ou un accompagnement psycho-médico-social ou juridique aux victimes de violences sexuelles. Par téléphone au 0488 800 626 du lundi au vendredi de 9h à 12h30 ou par formulaire de contact.
  • SOS Viol apporte aux victimes et à leurs proches des points de repère pour les aider et les orienter. Par téléphone au 0800 98 100 du lundi au vendredi de 8h à 18h, par email (info@sosviol.be) ou chat les lundi et vendredi de 17h à 21h et le mercredi de 14h à 18h.

Mineur·es :

  • Ecoute-Enfants fournit une écoute sans jugement aux enfants et aux adolescent·es. Par téléphone au 103 tous les jours de 10h à minuit.
  • Maintenant j’en parle permet aux mineur·es victimes de violences sexuelles de chatter avec des intervenant·es spécialisé·es du lundi au vendredi de 18h à 21h.

Bruxelles

  • Le site stop-violence.brussels propose une carte interactive des services compétents en matière de violence. Un filtre “LGBTQI+” dans “Situations spécifiques” permet de trouver les services formés aux spécificités des personnes LGBTQIA+.

Tu n'as pas trouvé le soutien que tu cherchais ? Contacte-nous.

Besoin d'un médecin ou psy LGBTQIA+friendly ?

Wallonie et Bruxelles

Bruxelles

  • La Maison Arc-en-Ciel de Santé est une maison médicale et un centre de santé à destination des publics LGBTQIA+. Consultations du lundi au jeudi de 9h à 18h à la rue des Grands Carmes 20, 1000 Bruxelles. Par téléphone au 02 372 01 22 du lundi au vendredi de 8h à 18h ou par mail sur info@macs.brussels.

Comment en parler à ses proches

Pourquoi est-ce si difficile d’en parler ?

On peut parfois se retrouver isolé·e après avoir subi de la violence. Le choc émotionnel peut provoquer un repli sur soi, par peur d’être jugé·e, pas cru·e, blâmé·e...  La honte de soi ou d’avoir vécu de la violence, la peur d’en subir davantage, peuvent t’empêcher d’en parler et de chercher du soutien.

C’est normal de ressentir de la colère, de la peur, de la tristesse ou un sentiment d’injustice. Ces émotions sont des signaux : apprendre à les identifier, à les nommer est une première étape pour prendre soin de soi. Parler des violences qu’on a vécues permet de guérir, de retrouver espoir et de s’armer davantage dans le cas où cela se reproduirait. Mais si tu ne souhaites pas en parler, personne ne peut te forcer. Tu n’es pas obligé·e de tout dire, ni à tout le monde, ni tout de suite, ni tout court.

Quelques conseils

  • Il vaut mieux s’adresser à des proches ou professionnel·les qui comprennent les identités LGBTQIA+ et peuvent offrir un soutien adapté, comme par exemple une personne de confiance ou un·e proche qui t’a déjà écouté·e ou soutenu·e par le passé.
  • Choisis un endroit calme où la discussion ne sera pas dérangée et où tu te sens en sécurité.
  • Si tu n’es pas sûr·e d’arriver à t’exprimer, tu peux d'abord écrire ce que tu souhaites dire. Si, le moment venu, tu n’arrives pas à passer par la parole, tu peux donner ton texte à lire à la personne.
  • Réfléchis à l’avance aux attentes que tu places sur cette conversation. Souhaites-tu simplement te confier ? Veux-tu demander des conseils, de l’aide ? Lors de la conversation, sois clair sur tes attentes vis à vis de la personne à qui tu parles.
  • Tu peux commencer la conversation par des phrases comme : “J’ai besoin de te parler de quelque chose de difficile, c’est important pour moi et j’ai besoin que tu me croies.”
  • Si tu souhaites que la conversation reste confidentielle, dis-le clairement à la personne. Sois conscient·e que si ton histoire est très difficile, la personne à qui tu te confies aura peut-être besoin d’en parler à quelqu’un d’autre.
  • Prends le temps de dire ce que tu veux dire et utilise les mots qui collent à ton ressenti, même si ce ne sont pas les mots exacts pour décrire la situation.

Et après ?

On hésite parfois à parler à nos proches car on pense qu’on va les déranger ou les faire souffrir. Mais parler de nos expériences peut avoir des conséquences positives, comme :  

  • le partage d’une charge émotionnelle, d’un poids ;
  • la possibilité pour nos proches de mieux comprendre notre état et nos besoins ;
  • les personnes de notre entourage peuvent nous aider et nous montrer leur soutien.

Par contre, sois conscient·e que certaines personnes seront incapables de t'écouter, que ce soit par peur, par ignorance ou par rejet. Quelles que soient leurs raisons, elles ne remettent pas en question ton droit de t'exprimer. N'affronte pas ce genre de situations seul·e : d’autres personnes, d’autres espaces (associatifs, groupes de soutien, professionnel·les LGBTQIA+friendly) peuvent être plus soutenant·es.

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Témoin

Pourquoi on a tendance à ne pas agir

Les témoins de violences LGBTQIA+phobes jouent un rôle important dans la lutte contre les discriminations, mais iels n'interviennent souvent pas directement. Quelques raisons :

  • Le manque de connaissances : beaucoup de témoins ne savent pas reconnaître les situations de violence car iels ne sont pas suffisamment renseigné·es sur le sujet. Souvent, iels ne savent pas si une intervention est nécessaire ou non.
  • La banalisation des violences : certain·es minimisent l'importance des actes LGBTQIA+phobes, par exemple en se disant “Ce n’est pas méchant”, “Ce n’est qu’une blague”, etc
  • La peur des conséquences : les témoins peuvent craindre pour leur propre sécurité ou redouter des répercussions sociales ou professionnelles.
  • Le manque de confiance : certains témoins doutent de leur capacité à intervenir efficacement.
  • L’état de choc ou la surprise : les témoins, tout comme les victimes, peuvent être surpris·es voire en état de choc face à une situation de violence, ce qui les empêche de réagir de manière adaptée.
  • L’effet témoin : si d’autres personnes sont également témoins de la situation, cela aura un effet de « dilution » de la responsabilité. Les témoins peuvent avoir tendance à se dire que quelqu’un·e d’autre réagira forcément, ce qui conduit à l’inaction de tout le monde.

Soutien immédiat

Manifeste ton soutien à la victime en montrant que le comportement de l’auteur·rice de violence n’est pas toléré. Réagir dès le début peut stopper la violence. De plus, réagir en tant que témoin renforce les victimes : elles se sentent moins isolées et plus légitimes dans leurs démarches futures.

Si tu t’en sens capable, tu peux agir directement : ne pas banaliser les discours de haine et le harcèlement est très important. En signalant publiquement à la personne que tu désapprouves son comportement, tu repousses les limites de ce qui est considéré comme acceptable.

S’il y a un risque de danger immédiat, la priorité est d’assurer la sécurité de la victime (et la tienne), si nécessaire en se mettant à l’écart de l’auteur·rice.

Numéros d’appel d’urgence :

  • 112 : urgence générale (pompiers, ambulance) et numéro unique pour toute l’Europe
  • 101 : aide urgente de la police locale
  • Numéros d’urgence dans les transports publics

La méthode des 5D

S’il n’y a pas de violence physique, la méthode des 5D t’aide à réagir :

  1. Distraire : interviens rapidement pour distraire l’attention de l'auteur·rice de violence. Tu peux lui demander l’heure, ton chemin ou même faire semblant de connaitre la victime.
  2. Déléguer : si tu ne te sens pas capable d’intervenir seul·e, demande de l’aide à quelqu’un·e d’autre : passant·es, commerçant·es, chauffeur·euses de bus…
  3. Documenter : n’hésite pas à filmer ou photographier la scène. Note discrètement la date, l’heure et le lieu pour que ces informations figurent dans la vidéo. Ne la diffuse pas sur les réseaux sociaux. Ces preuves pourront être utilisées par la victime si elle souhaite porter plainte.
  4. Diriger : sans te mettre en danger, tu peux intervenir directement en demandant à l'auteur·rice de violence d’arrêter et de partir.
  5. Dialoguer : une fois l'auteur·rice parti·e, tu peux aller voir la victime pour la rassurer, lui dire qu’elle n’est pas seule et lui demander si elle a besoin de quelque chose, sans la brusquer. Dis-lui que le comportement de l’auteur·ice n’est pas normal et que la situation n’est pas de sa faute.

Documenter l'incident

  • Sois attentif·ve au déroulement précis des faits. Le plus rapidement possible, note ces informations :
    • date et lieu
    • mots et gestes utilisés
    • description (voire identité) de l’auteur·rice
  • Avec le consentement de la victime, collecte des preuves (photos, vidéos, vocal...).
  • Donne à la victime tes coordonnées (si tu es d'accord de témoigner dans le cadre d'un signalement ou d'une enquête de police).
  • Propose d'accompagner la victime aux urgences, chez un·e médecin ou au Centre de Prévention des Violences Sexuelles (CPVS).

Signaler les faits

Encourage la victime à signaler la violence : cela permettra d'éventuellement poursuivre l'auteur·rice de violence en justice ou de commencer une médiation, mais cela permet aussi de visibiliser les violences LGBTQIA+phobes, afin de renforcer les politiques antidiscriminations.

  • Propose-lui de l’aider à faire un signalement à Unia (violence basée sur l'orientation sexuelle) ou l'IEFH (violence basée sur le genre/le sexe) ;
  • Propose-lui de l’accompagner à la police pour qu’elle dépose plainte.

En tant que témoin, tu peux aussi porter plainte à la police ou introduire un signalement en ton nom. Tu peux aussi faire appel à des Services d’Aide aux Victimes si tu as besoin d'être accompagné·e.

Orienter vers des ressources

Les violences et discriminations LGBTQIA+phobes amènent souvent les victimes à se replier sur elles-mêmes.

Tu peux prévenir cela en orientant la victime vers des services de soutien et des associations LGBTQIA+ dans sa région : Obtenir du soutien

Se former

Le manque de connaissances est une des causes principales de la non-intervention des témoins. Chercher à s’informer, à écouter activement et à comprendre les réalités LGBTQIA+ permet de mieux accompagner la victime.

Si tu as des personnes LGBTQIA+ dans ton entourage, cela peut être intéressant de s’informer sur leur vécu, tout en veillant à rester bienveillant·e.

Pour se former

Pour s’informer

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Professionnel·le

Se former / s'informer

Il n’est pas nécessaire d’attendre de rencontrer des publics LGBTQIA+ pour s’informer sur les enjeux spécifiques liés à ces communautés. Sans pour autant devenir expert·e, une base de connaissances et de bonnes pratiques consolideront la confiance que t’octroie la personne que tu reçois.

Pour offrir un accompagnement compétent et adapté, les travailleur·euses du secteur psycho-médico-social peuvent et doivent être proactif·ves dans leur (in)formation sur les questions de genre de façon générale.

Pour se former

Pour s’informer

Instaurer un espace sécurisant et inclusif

Quand on accompagne des personnes LGBTQIA+ qui subissent des violences en raison de qui elles sont, il est d’autant plus important de respecter les identités et les expériences de ces personnes.

Bonnes pratiques

L’environnement dans lequel tu reçois une personne LGBTQIA+ est très important.

Avant un rendez-vous, tu peux mettre en place ces éléments :

  • afficher un soutien aux personnes LGBTQIA+ dans les espaces d’accueil ou les salles d’attente via des affiches, des flyers ou des brochures ;
  • inclure des options non-genrées et opter pour une écriture inclusive dans les formulaires (prise de rendez-vous, etc) ;
  • afficher une charte de fonctionnement interne à la structure qui sanctionne tout acte de discrimination, etc.

Pendant le rendez-vous :

  • mentionne ton pronom de manière systématique quand tu te présentes. Cela invite l’autre personne à faire de même si elle a envie ;
  • utilise un langage dit « neutre » ou épicène (par exemple, « votre partenaire » plutôt que « votre compagne ou compagnon ») afin de s'éloigner de la cishétéronormativité, une norme sociale qui nous fait considérer que toute personne est cisgenre et hétérosexuelle de prime abord.

Ressources

  • Epicentre : le Guide de santé inclusive couvre les enjeux importants de l’accueil des publics LGBTQIA+ dans le secteur psycho-médico-social
  • Infor-Femmes : En·quête d'inclusivité, témoignages et questionnements autour de l’accueil des publics LGBTQIA+
  • Université du Québec (UQAM) : fiche synthèse pour une posture professionnelle adaptée auprès des publics LGBTQIA+ vivant de la violence

Accueillir une victime

En tant que professionnel·le de première ligne, tu es parfois le premier maillon de la chaîne dans le parcours d’aide que la victime sollicite. Accueillir le récit d’une victime n’est pas anodin : cela requiert une écoute active et de l'empathie. Les mots employés sont importants.

Pour que la personne se sente respectée et prise au sérieux, il est important de :

  • Croire : reconnais la violence subie et la souffrance de la personne, ne remets pas en cause la perception que la victime a de la situation.
  • Ne pas minimiser ou nier la situation : rappelle à la personne qu’elle n’est pas responsable de ce qui lui arrive, remercie-la pour sa confiance et valorise sa demande de soutien.
  • Ne pas brusquer : laisse à la personne le temps de s’exprimer, respecte son rythme et n’intervient pas trop vite dans le dialogue. Tu risques de projeter tes propres interprétations sur la situation.
  • Ne pas juger les choix ou le comportement de la personne. Les récits de personnes traumatisées peuvent être confus ou contradictoires.

Ces éléments permettent d’éviter le phénomène de victimisation secondaire : c'est quand une personne qui a déjà subi de la violence endure une souffrance supplémentaire, causée par la manière dont elle est accueillie ou considérée par son entourage, des professionnel·les ou des instances juridiques.

Ressources

Informer sur les recours possibles

Rassembler des preuves

Si la victime souhaite agir face à la situation de violence, elle aura besoin de preuves. Tu peux vérifier avec elle qu'elle a rassemblé les éléments suivants :

  • un compte-rendu écrit du déroulement des faits comprenant :
    • la date et le lieu
    • les mots et gestes utilisés
    • l'identité ou description de l'auteur·rice
  • les noms et coordonnées de témoins
  • des photos, vidéos, captures d'écran...
  • des preuves médicales (évaluation psy, certificat, imagerie médicale)

Recours possibles

Tu peux encourager la victime à :

  1. En cas de violence sexuelle : contacter un Centre de Prévention des Violences Sexuelles (CPVS), même si la violence a eu lieu il y a plusieurs jours ou semaines.
  2. Introduire un signalement à Unia (violence basée sur l'orientation sexuelle) ou l'IEFH (violence basée sur le genre/le sexe).
  3. Faire un dépôt de plainte à la police.

Prévenir le repli sur soi

Les violences et discriminations LGBTQIA+phobes amènent souvent les victimes à se replier sur elles-mêmes.

Tu peux prévenir cela en orientant la victime vers des services de soutien et des associations LGBTQIA+ dans sa région : Obtenir du soutien

En tant que pro, j’ai besoin de parler

Recueillir régulièrement le récit de victimes de violences peut affecter la santé mentale de celleux qui les accompagnent. Cela peut même aboutir à une forme de désensibilisation ou de déconnexion émotionnelle.

Si tu te sens concerné·e par ce phénomène, il est important de prendre en compte ces symptômes et d’en parler à tes collègues, ton/ta médecin ou le/la conseiller·ère en prévention sur ton lieu de travail.

Services d'écoute et de partage pour les pros

  • Télé-Accueil offre une écoute gratuite, anonyme, pour toute personne qui en ressent le besoin. Par téléphone au 107 (24h/24) ou via le chat (entre 13h et 3h du matin – en collaboration avec le site français SOS amitié).
  • SOS Viol offre une écoute aux professionnel·les par téléphone au 0800 98 100 du lundi au vendredi de 8h à 18h ou par email (info@sosviol.be).
  • Le CESI organise des groupes de paroles pour les équipes de soins.
  • Le 1712 est une ligne d’assistance pour toute personne qui a des questions sur la violence, les abus et la maltraitance des enfants.

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Ressources

Violences sexistes et sexuelles

Milieu festif

Témoin

Labels LGBTQIA+friendly

Autres ressources

  • Victimes.be
  • Rainbow Cops - Dépliant “Victimes”
  • Crible - « Ce n’est pas normal ! » - Kit de déconstruction pour répondre aux idées reçues sur les personnes LGBTQIA+
  • Plateforme BLOOM : cours en ligne qui combinent des connaissances sur les traumatismes et les violences avec des pratiques thérapeutiques qui aident à guérir des traumatismes
  • App-elles : App-elles est une application initialement conçue pour les filles et les femmes qui subissent du harcèlement, mais elle peut être utilisée par toute personne qui en ressent le besoin. L’app agit comme un moyen de pallier le sentiment d’insécurité dans l’espace public. Sa principale fonction est l’alerte. En cliquant sur le bouton “SOS”, une liste de proches élaborée au préalable (3 maximum) est notifiée de ton problème. Iels ont accès à ta géolocalisation ainsi qu’à l’audio de ton téléphone, iels entendent ce qu’il se passe. Tant que l’alerte est en cours, l’audio de ton téléphone s’enregistre automatiquement, aussi bien sur ton téléphone que sur ceux de tes proches et pourra être téléchargé par la suite. Cela peut s’avérer utile en cas d’un dépôt de plainte.
  • Queerpiss : brochure qui interroge l’(in)accessibilité des toilettes publiques pour les corps queer ou hors normes (personnes LGBTQIA+, personnes grosses, personnes handicapées, personnes à mobilité différente…)

Illustration de deux verres de bière qui tintent ensembleIllustration d'une pièce de mosaïque mauve
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